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1939 la drôle de guerre engendre la panique dans le Loiret

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Message par Invité le Mer 22 Sep - 5:14

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Le 3 septembre 1939, le maire d'Orléans est chargé de donner l'ordre de mobilisation

En septembre 1939, comme les autres français, les soldats du Loiret sont partis à la guerre, sans enthousiasme mais confiants, croyant à la victoire de leur pays. Ils ont accompli, courageusement leur devoir, comme le témoigne l'histoire de l'Abbé Burget. Celui-ci,Vicaire à Montargis, avait salué ses amis avant de partir au front : "au revoir ou plutôt adieu, car je ne reviendrai pas... j'ai offert ma vie pour les militants d'Action Catholique et j'ai senti qu'il l'avait acceptée !" Le jeudi 14 septembre, il avançait avec ses hommes en territoire ennemi. Arrivant devant un champ de mines, il décida de les désamorcer lui-même pour ne pas exposer les soldats. Il réussit assez bien jusqu'à ce qu'une mine ne saute, le tuant sur le coup. Quelques jours plus tard, une messe fut célébrée en son honneur à Montargis : il était le premier prêtre tué de France, la première victime du Loiret. Ailleurs, c'était la "drôle de guerre" et les soldats semblaient s'ennuyer.

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Plaque rendant hommage à l'abbé Burget, dans l'église de la Madeleine (Montargis)

C'est alors qu'arrivent les mauvaises nouvelles : l'Allemagne a "écrasé" la Pologne sans aucunne réaction sur le front français. A l'arrière, c'est l'hiver et la population se divise : elle critique le gouvernement ou les communistes. Comme il faut bien trouver un coupable, elle accuse les "planqués" et les profiteurs de guerre. A Pithiviers, on reproche aux aviateurs britanniques d'être venus stationner là.

Dès 1940, la verrerie de Montenon, à Cepoy, est transformée en camp pour prisonniers politiques et civils allemands. Elle compte environ 150 détenus. Le commandant Pivoteau la contrôle.

Soudain, le 10 mai 1940, le front est percé à Sedan : l'invasion commence. Les habitants s'inquiètent à cause des premiers bombardements (à Pressigny-les-pins et à Bricy). L'arrivée des réfugiés, notamment des Ardennes, annonce la défaite qui est proche. Deux à trois mille d'entre eux s'abritent dans le stade et les sous-sols du vélodrome à Montargis. Les Allemands avancent sur Dunkerque, sur la Somme, puis sur la Seine.

a peur de l'ennemi provoque un affolement général. Vers le 12 juin, le flot de réfugiés grossit : les fuyards du Nord et de l'Est sont rejoints par des milliers de parisiens. C'est entre Sens, Pithiviers et la Loire que la débâcle atteint son paroxisme. Beaucoup essayent en vain de prendre un train, certains surchrgent leur automobile de matelas et de linge, d'autres partent à vélo ou à pied en tirant une remorque. Quelques uns voyagent même en charette, tirée par des chevaux. Les rues sont encombrées sur des kilomètres, surtout aux entrées de Montargis, Gien, Sully, Orléans... Malheureusement, même dans une situation aussi dramatique, certains profitent de la panique pour aller piller les maisons, les magasins abandonnés.

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Il ne s'agit pas de réfugiés profitant d'une maison pour s'abriter une nuit ou se nourrir un peu, mais de voleurs s'emparant de bijoux ou d'argent. Au sein des troupes françaises, c'est la débandade mais au milieu de cette cohue, quelques soldats, surtout des Africains, tiennent quelques heures défendant les derniers ponts de la Loire. Hélas, sur ces routes de l'exode, l'affolement provoquant des accidents, et la fatigue engendrent la mort de nombreuses personnes. Mais ce sont surtout les bombardements d'avions italiens (d'après la rumeur) ou allemands qui créent le plus de victimes : ils frappent du 14 au 19 juin, de Gien jusqu'à Orléans Une jeune femme montargoise est tuée en allant chercher du lait pour ses enfants. De cette bataille, résulte la destruction de tous les ponts de la Loire, sauf ceux de Beaugency et de Vierzon, ce qui rendra le ravitaillement difficile.

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Les journaux titrent triomphalement "Au coeur de la France". Le Loiret subit l'invasion des occupants qui entrent dans les villes avec leurs tanks ou leurs avions. Ils font des milliers de prisonniers parmi les troupes françaises, trop épuisées et désorganisées pour se battre. Certains soldats se rendent et se laissent désarmer sans réticence. Pour eux l'espoir a disparu et ils joignent les camps provisoires installés à Pithiviers, Montargis et Orléans.

Quant aux réfugiés partis pendant l'exode, certains reviennent mais les autres, ceux qui ont franchi la ligne de démarcation, doivent attendre les décisions allemandes pour rentrer chez eux.

Et les vainqueurs glorieux s'installent dans la passivité d'un peuple français brisé...

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Les prisonniers de guerre français à la caserne Gudin de Montargis.

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Les allemands organisent des défilés sur la place Mirabeau à Montargis.

source: http://apprendreenligne.net/bouat_98_99/loiret.html
et livre d'Yves Durand "Le Loiret dans la guerre 1939/1945" éditions Horvath 1993, 232 pages

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