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Le Loiret durant le 1er Empire

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Le Loiret durant le 1er Empire

Message par Judge le Mar 20 Mai - 22:55

Bonjour,

Comme promis dans ma présentation, je vous fais un petit exposé du Loiret durant le 1er Empire.
Je vais commencer par vous donner quelques faits divers et variés comme des passages de troupes, des levées et des visites.

19 juin 1807
6.000 hommes de troupes d’élite espagnoles passent par Orléans pour se rendre en Allemagne, près de Napoléon. Ces hommes étaient vêtus de petits habits vestes bruns, culottes courtes de même couleur, guêtres en forme de bas sans pieds, chaussés de sandales découvertes avec des cothurnes rouges ornées de rubans verts. Ils marchaient d’un pas accéléré et précipité, même en défilant la parade.

3 décembre 1807
Constitution de la Garde d’Honneur d’Orléans
Uniforme de la garde à pied : Habit blanc galonné en or aux boutonnières, revers verts, veste et culottes blanches, chapeau claque, plumet vert, cocarde aux trois couleurs, et guêtres noires.
Uniforme de la garde à cheval : Habit vert, revers roses, pantalon blanc, veste blanche galonnée en argent, chapeau claque, plumet blanc, cocarde aux trois couleurs, trèfles et aiguillettes en argent.
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5 février 1808
Les Mamelouks de la Garde Impériale arrivent à Orléans pour se rendrent à Bordeaux. Leur revue eut lieu dans l’ancien grand cimetière.

7 février 1808
Commencement du passage de la Garde Impériale, qui se rendait en Espagne. Cette troupe composée de cuirassiers, de dragons, de hussards, d’artillerie à cheval, de grenadiers à pied et à cheval, de voltigeurs, d’un corps de marins à pied, de plusieurs trains d’artillerie de 4, de fourgons, équipages, etc, etc., défila pendant les 15 premiers jours de ce mois.

19 février 1808
Formation à Orléans d’une compagnie dite de réserve, pour le service particulier du préfet du Loiret, qui en fut le colonel. Cette compagnie, habillée en gris, parements, revers et collets rouges, pantalon bleu, armée d’un fusil, d’un sabre-briquet, et coiffée d’un chapeau à 3 cornes, était composée de 60 hommes, sous-officiers compris, d’un colonel qui ne pouvait être que le préfet, un chef de bataillon, un lieutenant, un sous-lieutenant, un sergent-major quartier-maître. Cette troupe fût logée à la caserne des Buttes, ainsi que les officiers, et ne fournissait qu’un poste à l’hôtel de la préfecture.

2 avril 1808
L’Empereur Napoléon arrive à Orléans, par la porte Bannier à 20 heures. Il est reçu dans cette ville avec un enthousiasme extraordinaire par le peuple orléanais. Il était escorté par la Garde d’Honneur qui s’était formée depuis un mois. Ce corps brillant, avait été au devant du monarque, ayant le préfet Pieyre, et le maire Crignon-Désormeaux à leur tête, à une lieue en avant de la porte de la ville.
L’Empereur descendit au palais épiscopal : l’évêque M. Rousseau, le reçut sur le perron comme 20 heures sonnait à l’horloge de Ste Croix. Il devait remonter en voiture à 21 heures. Les chevaux étaient attelés. Mais, par attention pour son mameluck malade, il consentit à passer la nuit. Il accepta la chambre de l’évêque. La Garde d’Honneur fit le service de l’hôtel et même de sa chambre à coucher.

3 avril 1808 (dimanche)
L’Empereur part d’Orléans à 4 heures du matin. Comme 5 heures moins le quart sonnait, la voiture de Napoléon passait sous la grille du pont. Il était escorté de la Garde d’Honneur orléanaise en masse, suivie d’une quinzaine de gendarmes et d’une partie de la population de la ville.
L’Empereur était accompagné dans la même voiture du prince de Neufchâtel Berthier, et du grand-maréchal du palais Duroc. Sa suite se composait seulement de 3 domestiques et d’un courrier.

5 avril 1808
L’Impératrice, suivie de son grand-écuyer et de plusieurs de ses dames d’honneur, arrive à Orléans à 21 heures. Elle descendit au palais épiscopal et habita la même chambre que Napoléon et eut la même Garde d’Honneur.
Elle quitte la ville le 6 avril.

16 mai 1808
Plusieurs centaines de prisonniers portugais arrivent à Orléans, et sont logés provisoirement dans la grande maison de Saint-Charles.

21 septembre 1808
La seconde division de la Grande Armée passe par Orléans, sous le commandement du Maréchal Lefèvre. Présence du 28ème régiment de ligne.

2 février 1809
Une partie de l’armée française qui était en Espagne, et qui se rendait en toute hâte en Allemagne, passe en poste à Orléans, et en repart de suite par le même moyen, sans séjour ni logement. Plus de 600 chevaux et voitures de réquisition, organisés par relais, faisaient le service de ce transport militaire. Ce passage dura pendant plus de 8 jours. Les habitants étaient dans les rues Royales et Bannier, sur les places du Martroi et de l’Etape, pour voir ce spectacle.

14 mars 1812
La France est divisée en 100 cohortes de garde nationale. En appel des 88 premières de ces cohortes est fait. Orléans, qui faisait partie de celle de Paris, envoya dans cette ville 409 hommes, qui lui étaient demandés pour la défense du territoire français, pendant que les troupes de l’Empire se portaient en Russie.

7 avril 1812
Publication faite à Orléans d’un décret impérial portant formation d’une Garde d’Honneur à cheval pour le service particulier de Napoléon. Les soldats de cette garde furent pris dans chaque département, parmi les jeune gens les plus riches, et au sort. Chaque cavalier était obligé de s’habiller, s’armer, s’équiper et se monter à ses frais. Le département du Loiret, peu de temps après cette publication, fit partir 25 cavaliers qui lui avaient été demandés, et contribua alors, par son contingent, à la formation de cette belle garde, composée de 2700 cavaliers.

11 janvier 1813
Promulgation d’un décret impérial portant la levée de 250.000 hommes en France. Le département du Loiret fut désigné pour fournir un contingent de 2.015 conscrits, qui furent levés, armés et équipés en un mois de temps.



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Re: Le Loiret durant le 1er Empire

Message par Invité le Mer 21 Mai - 3:17

Merci pour le partage de ces recherches Judge... Par contre je ne connaissais pas l'existence de grenadiers à cheval. Le bâtiment en dessin sur Orléans me parle, je ne sais pas si il existe toujours, mais j'ai déjà vu une architecture similaire à Orléans???

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Re: Le Loiret durant le 1er Empire

Message par Judge le Mer 21 Mai - 6:35

Je me demande si ce n'est pas la façade de l'hôtel des Crenaux, rue Sainte Catherine...
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Les grenadiers à cheval sont une unité de cavalerie lourde appartenant à la Garde Impériale.  Wink 

Demain, je vous posterai le récit de combats aux portes d'Orléans.

Judge

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Re: Le Loiret durant le 1er Empire

Message par Judge le Mer 21 Mai - 22:29

Je vous mets ci-dessous un résumé de mes recherches sur la Campagne de France de 1814 dans le Loiret.

A l'origine, un ouvrage constitué par M. Lottin et disponible aux archives départementales et décrivant l'histoire d'Orléans quasiment jour par jour, évoque l'invasion des cosaques dans le Loiret et un combat à Orléans. On se rend assez vite compte des erreurs commises dans son récit mais celles-ci ont été reprises très largement depuis plus de 100 ans, voir même recopiées entièrement dans des ouvrages comme l'histoire de Saint Jean de Braye par exemple.
En cherchant dans les archives, les rapports, etc on se rend compte que le Lottin est très romancé et très inexact. Il reste cependant des zones d'ombres, mais il faut aussi se souvenir que la période était assez particulière.
Après 15 ans de domination de l'Europe, les français doivent se battre sur leur territoire face à l'Europe entière. Le pays se retrouve entre 2 régimes politiques : l'Empire que tout le monde voit s'écrouler et la royauté qui risque de revenir. Il faut donc afficher son soutien à l'un sans trop froisser l'autre. Se positionner trop pour l'Empire est risqué s'il venait à s'écrouler, et s'afficher royaliste est très dangereux aussi.
Bonne lecture à vous.

"Suite à la désastreuse retraite de Russie, en 1812, et après les revers non moins déplorables de la campagne de 1813 en Allemagne, les débris de l’armée française furent refoulés sur le Rhin et réduits à défendre les anciennes frontières de la France.
Les soldats des nations alliées s’avançaient, menaçant à la fois toutes nos frontières, aussi bien celles du sud-ouest par l’Espagne et les Pyrénées, que celles du sud-est, de l’est et du nord-est par les Alpes, l’Italie, la Suisse, les provinces rhénanes, l’Allemagne et la Belgique.
Repoussés sur tous les points par l’immense supériorité numérique de l’ennemi, les différents corps français cédaient le terrain pied à pied.
Le 31 décembre, l’armée prussienne, sous le commandement du général Blücher, passait également le Rhin, depuis Mannheim jusqu’à Coblence. Du 2 au 25 janvier 1814, les Alliés pénètrent rapidement en territoire français et leur ligne d’opérations est établie sur la Saône, l’Ain, la Meuse et la Marne. Du 10 au 14 février, combats de Champaubert, Montmirail, Vauchamp, dans lesquels Napoléon, perdant peu de monde, anéantit une armée de 80.000 Prussiens et Russes.
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La nouvelle de l’arrivée des cosaques dans le Loiret commençait à apparaître dès la mi-janvier 1814 et déjà leur sinistre réputation semait la peur dans nos campagnes.
Courtenay est aux mains des Russes dès le 1er février et Montargis est occupé le 12 février.
De là, les troupes russes se répandent vers les communes avoisinantes et gagnent Beaune-la-Rolande, Bellegarde, Pithiviers et Neuville-aux-Bois.
Les troupes russes cherchaient à prendre la ville d’Orléans afin de couper la route par laquelle les renforts venus d’Espagne pourraient se joindre à l’Empereur.

Le général Chasseraux, à qui le commandement du département du Loiret a été confié, arrive à Orléans le 14 février 1814 après s’être fait attendre durant plus de deux semaines.
Il trouve la ville d’Orléans en travaux suite à la prise en charge de la défense de la ville par le général-comte Chasseloup.
Ces quelques menus travaux consistaient essentiellement en un renforcement de palissades et des diverses portes de la ville.
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Le 16 février, Châteauneuf-sur-Loire voit arriver une petite troupe d’une vingtaine de cosaques en provenance de Bellegarde. Celle-ci ne fera aucune tentative contre la ville. En effet, Châteauneuf est gardé par environ 1200 hommes (2 bataillons de gardes nationales de Vendée soit 1000 hommes et d’environ 160 hommes issus de régiments d’infanterie de ligne), commandés par le major Guillemin du 26ème régiment d’infanterie de ligne.
Les cosaques reviennent cependant en nombre le 17 février vers 17h. Ils sont 1500 et accompagnés de 2 pièces d’artillerie.
Une fusillade s’engage et le major Guillemin va très vite devoir faire face à la défection des gardes vendéennes. En effet celles-ci, sans uniforme, n’ayant qu’à peine 200 fusils en état de faire feu, s’enfuient au premier coup de fusil.
Les Russes sont cependant repoussés et vont établir leur quartier général dans la ferme de la Pavillière sur la route de Bellegarde.
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Se trouvant avec peu de troupes et malgré l’avantage pris sur les troupes cosaques, le major se replie sur la route d’Orléans et prend position dans le secteur de Bionne.
Les Russes occupent alors Châteauneuf-sur-Loire qu’ils pillent, et poussent jusqu’à Saint-Denis-de l’Hôtel où ils s’emparent d’une douzaine de bateaux, les rendant ainsi à même de passer sur la rive gauche du fleuve par Jargeau (Le pont, dont plusieurs arches s’étaient écroulé au fil du temps, était remplacé par un bac depuis 1790).

Alerté vers 5 heures du matin le 18 février, le général Chasseraux fait envoyer à Bionne un détachement de 200 hommes de ligne accompagnés par 15 cavaliers du 4ème régiment de dragons, vétérans de la campagne d’Espagne (Division Treillard, Brigade Ismert).
Bionne est un hameau de Saint-Jean-de-Braye, situé au nord de la route, mais concernant aussi le château homonyme, situé lui au sud de la route, et siège du domaine de M. de La Feuillez.
La garde urbaine, peu disposée à se porter à l’ennemi, est quant à elle chargée du service intérieur.

Les troupes présentes à Bionne sont placées sous le commandement du major Lagneau du 155ème régiment d’infanterie de ligne.
Les avant-postes cosaques sont poursuivis sur 2 lieues. Les 15 dragons, menés par le Maréchal des Logis Granad, lancent une charge sur 40 cosaques, en tuent 8 ainsi qu’un officier. Ils doivent cependant refluer face à une charge de 400 cosaques, abandonnant les 12 prisonniers qu’ils ramenaient avec eux.
L’ennemi fit alors avancer ses pièces d’artillerie mais celles-ci ne firent au final que du bruit, n’éprouvant pas les troupes françaises qui durent cependant se replier sur la position de Bionne.
À ce moment, le général Chasseraux n’avait pas d’artillerie à opposer aux Russes, et il espérait l’arrivée du général Sparre accompagné de 2 batteries d’artillerie et de 2 régiments de dragons. Ce dernier était à la Ferté-Saint-Aubin pour réunir sa brigade et n’arrivera vers Orléans que le 24 février.
Les Français se trouvent alors bientôt à court de munitions et ce n’est que vers 23 heures qu’ils purent à nouveau en être pourvus.

Le général Seslavin adresse alors, par l’intermédiaire du maire de Semoy, une sommation de se rendre : « La ville d’Orléans est en danger. Si on ne la rend pas, alors le corps qui vient sous le commendement (sic) du général faire bruler (sic) la ville. »
Le général et le conseil municipal décident de ne pas en tenir compte.

À Orléans, les gardes nationales d’Ille-et-Vilaine et des Deux-Sèvres furent placées sur le rempart entre les portes Bourgogne et Saint Vincent.
Les troupes placées à Bionne furent rejointes par les cadres des 27ème et 69ème régiments de lignes présents à Orléans.
À minuit, les troupes cosaques lancèrent un hourra général, mais ce mouvement avait été anticipé et leurs cavaliers furent accueillis par des salves à bout portant, perdant ainsi 30 hommes et 2 officiers.

Ils furent finalement repoussés le 19 février à la pointe du jour et s’enfuirent en direction de Châteauneuf-sur-Loire et Bellegarde.

Les pertes françaises ne sont estimées qu’à environ 11 tués et une trentaine de blessés alors que les pertes russes sont d’environ 80 tués pour une centaine de blessés.

La bonne tenue des troupes devant Orléans vaudra au général Chasseraux un témoignage de satisfaction de la part de l’Empereur.

L’échec du général Seslavine devant Orléans, ainsi que la victoire de l’Empereur à la bataille de Montereau hâtera le départ des troupes russes du Loiret. En effet, Un ordre de l’Empereur Alexandre envoya le général Seslavine sur l’extrême droite de l’armée du Prince Lichtenstein.
Le général quitta le Loiret par Montereau et Provins pour relever le général Diebitsch

La présence des cosaques dans le Loiret, comme dans toutes les régions qu’ils ont traversées, a laissé des traces marquantes dans les mémoires des habitants de cette époque. Les divers rapports des maires des communes qui ont eu à souffrir de la présence de ces cavaliers font tous état de violences, la plupart du temps gratuites, de la part des envahisseurs, mais aussi de vols, de séquestrations et de viols. La commune de Pithiviers aura été particulièrement touchée par ces violences exercées en représailles après la mort du neveu du général russe envoyé en parlementaire.
Le conseil municipal d’Orléans, pour témoigner de la reconnaissance des habitants pour la libération de la cité, fonda un salut d’actions de grâce annuel dans l’église de Saint-Aignan.
Chaque année, le 18 février, de nombreuses messes étaient dites, et une procession organisée voyant se succéder la garde nationale, le clergé et la municipalité. Ces cérémonies cessèrent après la révolution de juillet 1830.
Une gravure a également été éditée en 1814 chez Rabier-Boulard, rue des Carmes à Orléans à la suite de ce combat. Ce dessin montrait les cosaques et l’armée russe en marche, un cavalier en avant dont le fanion de la lance précisait « J’emporte les méchans », avait pour objet de faire peur aux enfants à la manière du Grand Méchant Loup.
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Au moment de l’arrivée des cosaques à Orléans, le général Chasseraux a à sa disposition des troupes d’origines diverses.
La garde urbaine d’Orléans n’est créée que depuis environ 3 semaines et est peu encline à sortir de la ville pour se frotter aux envahisseurs.
Les gardes nationales d’Ille-et-Vilaine et des Deux-Sèvres ne seront armées que de piques et se tiendront sur les remparts de la ville.
Les troupes régulières présentes à Orléans sont issues de divers régiments. Nous avons pu identifier dans les divers rapports et courriers la présence de membres des 155ème, 153ème, 27ème, 69ème régiments d’infanterie de ligne ainsi que d’une quinzaine de dragons du 4ème régiment.

Il dut cependant également se trouver des membres d’autres régiments.
Nous en trouvons trace dans un courrier du maire d’Orléans parlant du major Guillemin du 26ème régiment. Il s’agit de l’officier qui commande les troupes présentes à Châteauneuf-sur-
Loire le 17 février. S’agit-il du 26ème régiment d’infanterie de ligne, légère, ou du 26ème régiment de chasseur à cheval (voir ci-dessous) ?

Le Tableau des officiers tués et blessés pendant les guerres de l’empire, par Martinien fait également état du sous-lieutenant Clere du 26ème régiment de chasseur à cheval blessé le 19 février à l’affaire entre Bionne et Orléans, du sous-lieutenant Fraissinet du 23ème régiment d’infanterie légère blessé à Bionne le même jour.

Deux autres officiers, membres de régiments cités précédemment ont également été blessés.
Il s’agit du capitaine Faure du 155ème régiment d’infanterie de ligne, qui a eu la cuisse droite cassée par un coup de feu le 18 février à l’affaire d’Orléans.
Le capitaine Renault du 153ème régiment d’infanterie de ligne est également noté comme ayant été blessé à la cuisse droite, mais le lieu du combat est incertain.
Stanislas Baudry, chef du 1er bataillon de la garde nationale mobile de Loire-Inférieure, présent à Châteauneuf sur Loire et au combat de Bionne, fait également état de la présence du 15ème chasseurs et de quelques cavaliers. Le terme de chasseurs s’applique à deux types de troupes distinctes : l’infanterie légère et la cavalerie légère. S’agit-il de membres du 15ème régiment d’infanterie légère ou du 15ème régiment de chasseurs à cheval, nous n’en trouvons pas de précisions.

Les lieux exacts du combat de Bionne : une énigme.
Réussir à placer géographiquement avec certitude les lieux même de l’engagement avec les troupes du général Seslavine n’est pas chose aisée.
Le général Chasseraux et tous les courriers ou rapports officiels parlent de Bionne comme le lieu de ce combat.

Une lettre de M. de la Feuilliez, propriétaire du domaine de Bionne, évoque cependant le passage des troupes russes sur le pont de Bionne et en aucun cas le déroulement d’un combat, ce qui laisse supposer qu’il s’est déroulé sur cette même commune de Saint-Jean-de-Braye, dans la côte où il a pu être observé par les envoyés de la préfecture, postés non loin du « Narval » actuel.

Lottin et les cosaques
L’ouvrage considérable de Lottin sur l’histoire de la ville d’Orléans consacre plusieurs pages à l’invasion et au combat ci-dessus.
Ces informations, largement reprises par ailleurs, ne correspondent globalement pas aux divers courriers et rapports officiels.

Selon Lottin, le général Chasseraux a préparé pendant toute la nuit du 17 au 18 février 1814 une troupe s’élevant à 498 hommes de divers régiments, 60 membres de la Compagnie de Réserve des Buttes, 160 volontaires civils, soit 717 hommes dont 60 dragons.
Cette troupe se rend ensuite entre Saint Jean de Braye et un endroit nommé Carré, où le général fait prendre position à ses hommes, mettre en place des barricades, ayant pris soin les jours précédents de faire installer des pieux dans les vignes alentour pour en empêcher le passage des cavaliers ennemis. La charge de dragons lancée par le général repousse les cosaques jusqu’à Chécy et leur coûte 160 tués et beaucoup de blessés.
La troupe bivouaque ensuite aux alentours de Saint Loup dans une maison de campagne du séminaire et les cosaques ne reparaissent pas.
Enfin le général rentre à Orléans après 36 heures d’absence.

Si l’on en croit le rapport fait par le général Chasseraux lui-même à l’adresse du Ministre de la Guerre à 10 heures du matin le 18 février, il n’a de disponible qu’un détachement de 350 hommes qu’il envoie à Bionne soutenir le major Guillemin. Il parlera de 200 hommes dans son rapport de bataille du 22 février.
En outre, nous l’avons vu plus haut, il ne dispose que d’une quinzaine de cavaliers du 4ème régiment de dragons et non de 60.
Nous sommes loin des 777 hommes dont parle Lottin et nulle trace de la Compagnie de Réserve des Buttes ni des civils dans le rapport du général.

Une divergence intervient également quant à la situation géographique du combat.
Lottin nous parle du Carré (situé à Saint Jean de Braye, actuellement à l’intersection entre l’avenue Louis-Joseph Soulas et la rue du Pont Bordeau). Le général évoque quant à lui le lieu-dit Bionne, situé à moins de 2 kilomètres plus loin (voir plus haut).

Concernant les barricades et les échalas placés dans les vignes, nulle allusion n’y est faite dans le rapport du général. Il semble cependant assez peu probable que cette précaution ait été prise dès le 12 février comme le précise Lottin dans la mesure où le général Chasseraux n’est arrivé que le 14 février à Orléans et que l’arrivée des cosaques par Châteauneuf-sur-Loire n’a été connue que le 16 février dans la soirée."

Voilà !!!
Si vous êtes arrivés jusque là, je vous en félicite et vous en remercie !!  Very Happy 
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Re: Le Loiret durant le 1er Empire

Message par Fab le Jeu 22 Mai - 1:04

Eh bé c'est très intéressant. J'ai du mal à situer les lieux à première vue, mais il y a eut beaucoup de passage quand même en 1814 dans le Loiret. Ca me rappelle certains passages d'un livre sur Châteauneuf en 1870 avec les mêmes cosaques apparemment terrorisant les paysans du coin.

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Re: Le Loiret durant le 1er Empire

Message par Judge le Jeu 22 Mai - 1:09

Le premier combat a eu lieu à Châteauneuf sur Loire, je pense devant les grilles du château, là où se situe le monument aux mort.
La ferme de la Pavillière et sur la N60, 500 mètres à gauche après l'échangeur vers Montargis.

Pour le second combat, lorsque vous venez de Chécy et allez en direction d'Orléans, la route descend d'un coup vers Saint Jean de Braye. Vous avez à gauche une montée vers Combleux et à droite Boigny sur Bionne. Vous passez un pont sur la Bionne (qu'on a du mal à distinguer) et à votre gauche vous avez le château de Bionne.
Je pense que le combat s'est déroulé entre cet endroit et le bar le Narval, aux alentours de l'ancien site d'IBM.

Vous voyez mieux ?

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Re: Le Loiret durant le 1er Empire

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