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Libération de Bazoches-les-Gallerandes 19 août 1944

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Re: Libération de Bazoches-les-Gallerandes 19 août 1944

Message par Fab le Mer 24 Avr - 8:40

Salut, bravo et merci pour cette info Merovide !

Je me permets de mettre un lien plus pratique avec des photos:

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Et le texte ci dessous:

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La Libération de Bazoches-les-GallerandesSamedi 19 août 1944 Rédigé pour leJournal Communal de BazochesPour les 60 ans de la libération de la communeCélébrée le 22 août 2004En présence du fils de M. Henri OUZILLEAULa grande rue

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Soixante ans ont passé depuis cette année 1944 qui fut une année charnière dans la 2ème guerremondiale 1939-1945.Depuis le début de 1944, il est perceptible que la guerre allait prendre un tournant décisif ; desévénements, bien que douloureux, font naître l’espoir d’une libération prochaine. L’aviation anglo-américaine bombarde les objectifs stratégiques tant en Allemagne qu’en France, elle s’acharne à détruireles usines de matériel de guerre et les voies de communication. Souvent la nuit, le vol lourd des centainesde « forteresses volantes » qui se dirigent vers l’Allemagne trouble le sommeil des habitants. Le Loiret n’est pas épargné par les bombardements. Le camp d’aviation de Bricy est souvent la cible desalliés (5 février, 22-23 mai). À plusieurs reprises, la gare des Aubrais subit de sérieux bombardements (20-21 mai, 22-23 mai, 11-12 juin, 4 juillet), ainsi que la ville d’Orléans (11 mai, 21 mai, 22-23 mai, 5 et 20juillet). Les gares de Toury, Artenay, Pithiviers… sont aussi touchées. Les victimes se chiffrent par centaines.Le débarquement des alliés, tant attendu, a lieu le 6 juin sur les plages de Normandie. La première villelibérée est Sainte-Mère-l’Église. L’espoir renaît. La résistance locale s’organise, puis elle redouble d’activité.Le notaire de Bazoches, Henri Ouzilleau, ardent patriote, qui avait rejeté l’acceptation de la défaite de juin1940, se met à la disposition d’un réseau de résistance avec son fils Michel. Il fournit des renseignementsaux alliés, sur la région et notamment sur les terrains de parachutage en forêt d’Orléans. Sa propre maisonde Bazoches devient un centre de passage de jeunes étudiants de Paris qui veulent rejoindre les groupesde résistance de Sologne, en particulier à la ferme de By qui était leur point de ralliement. Le dimanche 11 juin, il fut arrêté avec son fils Yves et deux de ses camarades par la Gestapo, guidée par letraître Lussac. Les 3 jeunes sont relâchés. Quant à Henri Ouzilleau, il est immédiatement conduit à la prisond’Orléans, puis à Compiègne. Du camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne, il ne reviendrajamais.La guerre se rapproche de notre région. C’est le commencement de la déroute allemande. Des élémentsallemands stationnent dans le secteur de Chaussy. Ils sont repérés. Peut-être par erreur, une trentaine debombes tombent sur le hameau d’Atraps, le samedi 12 août, vers 8 h 30. Une petite fille est tuée et samaman blessée. Deux enfants de la famille Chartrain sont aussi blessés.Le mercredi 16 août, un side-car allemand avec ses deux occupants, porteurs d’un message important,circule sur la route de Villiers à Bazoches. Un chasseur anglais, un « Mosquito », virevolte et va à sarecherche à travers les ombrages des platanes. C’est le mitraillage… L’un des soldats allemands est tué, ledeuxième blessé. Celui-ci part à pied vers Bazoches, aiguillé vers le cabinet du docteur Le Maire, rue desGarennes. Un témoin raconte : « Je le vis sonnant à la porte du docteur, une blessure béante à la cuisse,visible par la large déchirure de son pantalon ». Le docteur Le Maire lui donne les premiers soins et letransporte à la maison Grelou. Au cours de la nuit, quelques « excités » essaient de pénétrer dans lachambre pour s’emparer du blessé. Avec quelles intentions ?… Devant la réprobation vigoureuse deRaymond, ils abandonnent leur projet. Dans la nuit, à Raymond qui vient le voir plusieurs fois pour luidonner à boire, le blessé fait comprendre qu’il est Autrichien et qu’il n’aime pas la guerre… La matinée sepasse avec une nouvelle visite du docteur qui lui prodigue des soins.Mais tout à coup… Jean raconte :« Le matin du 18 août, je suis à la maison, j’entends un vrombissement de moteurs. Renseigné par la radiode l’approche imminente des Américains, je cours au bout de la rue. Surprise ! Je tombe nez à nez avec dessoldats allemands. Vite, je fais demi-tour devant eux, en repoussant une bande de canards pour cacher ma

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déception. Je m’empresse de prévenir les trois réfractaires évadés du camp de Pithiviers, qui étaient cachéssous notre hangar parmi les gerbes de blé.Ce jour-là, nous avons eu très peur en voyant l’ennemi installer des canons aux diverses entrées deBazoches. Mais nous avions prévu de nous réfugier dans la cave profonde de la famille Mineau, nosvoisins ».C’est avec terreur, en effet, que la population voit les tanks allemands prendre position près du cimetière,au bout de la rue des Garennes, à l’entrée de la rue Robine…, les canons pointés vers l’ouest. Partout, dansle village, les volets sont clos, les rues désertes, l’atmosphère lourde et pesante. Allait-on subir unebataille ? Dans la soirée du 18 août, un officier allemand accompagné de deux soldats vient chercher le blessé. Aprèsl’avoir interrogé, il le fait transporter dans une ambulance allemande stationnée tout près. Quel sort auraitété réservé au village si le blessé avait été maltraité ?Mais à l’aube du 19 août, après une nuit où sans doute aucun bazochon s’attendant au pire ne ferma l’œil,l’ennemi s’éclipsa, sentant les Américains tout proches. Quel soulagement ! Ce fut la dernière présenceennemie à Bazoches.Samedi 19 août 1944 : C’est l’arrivée des troupes américaines du Général Patton. C’est la Libération.En voici un récit donné par les enfants des écoles en 1947 :« Un ronflement de moteurs, un bruit de freins serrés… Les Américains !Le cri a jailli de toutes les bouches. Papa ouvre la fenêtre, l’enjambe, saute sur le trottoir et nous, lesenfants, prenons le même chemin. Le déjeuner refroidit dans les assiettes, les biftecks racornissent sur lefeu, mais tant pis, réjouissons-nous et acclamons les arrivants ! Les 2 voitures blindées se sont arrêtées auvirage. De toutes les portes, hommes, femmes et enfants surgissent en courant et, en un instant, le centredu village se trouve animé d’une foule enthousiaste, circulant autour des voitures américaines. Les soldatsen uniforme kaki, aux bons visages sympathiques sous leur casque de fer, serrent les mains qui se tendent,reçoivent des bouquets cueillis en hâte et sourient dans cette joie délirante de tous les gens de Bazoches. Quelle différence entre ce samedi de gaieté et le jour qui le précédait. Le vendredi avait été si triste, remplide crainte quand les canons allemands entouraient le village. Et aujourd’hui, ils sont là, ces Américains tantsouhaités, tant attendus. Leurs voitures se sont rangées dans la rue principale et tout autour les habitantsparlent, crient, s’abordent en riant ou en s’essuient furtivement quelques pleurs de joie impossibles àretenir. Puis au milieu du silence, un instituteur de Bretagne, interné par les Allemands au camp dePithiviers pendant longtemps et réfugié parmi nous depuis quelques jours, fait un discours émouvant. Il ditle bonheur des Français lorsqu’ils sont libres et le besoin de solidarité et d’union qui leur est nécessairepour vaincre l’adversaire qui les a fait tant souffrir. Des applaudissements nourris saluent son discours. Ilremercie chaleureusement les libérateurs qui écoutent quoiqu’ils ne comprennent pas. Et la foule enchœur entonne la Marseillaise. Puis à tous les habitants réunis, la grands voix des cloches parle, chantant lajoie des libérés, leur reconnaissance pour leurs amis américains, leur désir de les aider à écraser l’ennemi.De tous les hameaux, les paysans accourent tout émus et tous les gens sortent cocardes et drapeaux. Déjàon commence à pavoiser. Tout l’après-midi, les cloches carillonnent gaiement dans le clair soleil de ce 19août 1944, jour mémorable s’il en fut. Dans l’après-midi, des convois de voitures passent, toujours

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acclamés et fleuris. Cette journée d’été pourtant si longue s’achève doucement et la nuit étoilée est pleinede rêves et d’espoir ».Dimanche 20 août : 2ème jour de la LibérationC’est encore un jour de liesse. La population se regroupe au centre du village pavoisé aux couleurs desalliés pour jouir encore d'une journée mémorable qu'on ne veut pas manquer. Les tanks s’arrêtent plusvolontiers au milieu de la foule admirative tandis que les cloches égrènent encore leur hymne joyeux. Voilàdes fleurs pour un GI qui émerge de la tourelle de son char, des tomates et des fruits pour un autre quiremercie en riant et fait le V de la Victoire. Les enfants n’hésitent pas à s’approcher des jeeps pour recevoirune barre de chocolat ou un chewing-gum, tandis que les hommes acceptent de bon cœur des cigarettes. Mais l’heure des règlements de comptes est déjà arrivée, semant une légère confusion dans la foule.L’instituteur-secrétaire de mairie est obligé de se rendre à pied de la mairie à la place de l’église pour ysubir dans doute des représailles et le maire de Bazoches est conduit à Pithiviers pour y être entendu…Vengeance personnelle ? Heureusement, des gens de bon sens se manifestent et s’opposent aux exaltés.Bientôt tout rentre dans l’ordre.Ces événements assombrissent un peu cet après-midi, d’autant qu’un incendie s’est déclaré à Malvoisine,réduisant en cendres la maison des époux Souville.Ce n’est que le lundi 21 août que le travail reprend peu à peu dans les fermes et les champs. Voici le récitde cette journée, extrait du journal scolaire de 1947 :« Déjà, ce lundi matin, de très bonne heure, des files de camions commencent à passer, interminables.Nous, les enfants, jetons dans les engins remplis de soldats mouillés par la pluie fine qui tombe, des fleursqu’ils reçoivent en riant. Eux lancent des bonbons, des gâteaux, des chocolats, des cigarettes et des boîtesde rations.Quelquefois, un convoi stoppe dans le village lorsqu’un autre passe en sens inverse. Et les enfants alorsaccourent avec un petit sac qu’ils offrent aux GI, car tout le monde sait maintenant que les Américainsraffolent de tomates et de fruits, et qu’ils donnent en échange des bonbons ou du chocolat dont on est privédepuis quatre ans !Pendant près d’un mois, c’est un défilé presque ininterrompu de voitures ; les ambulances succèdent auxénormes camions à la gueule béante et aux petites Jeeps rapides.De puissants tracteurs traînent sur de grands plateaux des rails et des traverses de ponts. Des noirs rient deleurs dents étrangement blanches entre leurs lèvres sombres et répondent aux démonstrations d’amitié parle V de la Victoire ».Et il y a toujours là, toute la journée des bazochons admiratifs, qui ne se lassent pas de regarder passer lematériel des vainqueurs. Vive les libérateurs !Finies la peur des bombardements, la crainte de l’occupant, les privations de toutes sortes ! Il y a de la joieet de l’espérance dans tous les cœurs.Quelques jours après, on apprend qu’Orléans et Artenay ont été libérées le 16 août, Pithiviers le 21 août,Paris le 25 août.

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Pendant plus d’un mois, c’est le défilé presque ininterrompu du matériel militaire ; une véritable Armadaqui se dirige vers l’est…À ce sujet, il semble intéressant de rapporter quelques extraits du cahier de souvenirs de Madame MariaBertheau, de Châtillon-le-Roi, qui a noté tout ce qu’elle a vu de sa fenêtre. Ce qui passait à Châtillon venaitde passer à Bazoches quelques minutes plus tôt.« Lundi 21 août : De 5 heures du matin jusqu’au soir, sans interruption, des convois se dirigent versPithiviers.Du mardi 22 au vendredi 26, chaque jour, en une demi-heure : 50 tanks, 170 camions et autos blindées…Le 29 août : De gros camions neufs arborant une grande étoile blanche défilent, ainsi que des ambulancesde la Croix Rouge, des plates-formes transportant des grues gigantesques…Le 30 août : Dès 8 heures, des camions, sous une pluie torrentielle, 25 camions pleins de militairesaméricains, 20 gros tanks passent dans un bruit assourdissant, de 1 heure à 3 heures de l’après-midi.Puis 125 véhicules de toutes sortes : bateaux-ponts, grues, camions-tonneaux, plates-formes…, voitures dela Croix Rouge. Du 31 août au début de septembre : Des camions pleins de prisonniers allemands, 32 ambulances, 97bateaux-ponts… Encore des camions pleins de prisonniers, des chars énormes, toutes sortes de véhicules chargés dematériel.15 septembre : Passage de 15 camions bondés de soldats noirs.30 septembre : 15 camions, puis 3 grands cars « pleins de monde », accompagnés de gendarmes. On ditque ce sont des collaborateurs que l’on conduit au camp de Pithiviers ! »Maria Bertheau conclut :« J’ai terminé le 30 septembre 1944 après 40 jours de passage des troupes américaines se dirigeant versPithiviers, puis vers l’Allemagne sans doute… »Mais la guerre n’est pas finie. Il y a encore 25 prisonniers en Allemagne. Il faudra attendre la fin descombats dans l’est de la France, la reddition de l’Allemagne nazie, le retour de nos prisonniers, pour fêterla victoire, le 8 mai 1945.Malgré cette victoire, Bazoches déplore, pendant cette guerre mondiale 1939-1945, dix victimes dont 8militaires et 2 civiles dont leurs noms suivent :

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Victimes militaires :
CHARBONÈLE Émile
DOUVILLE Henri
FLEUREAU Marius
HAY PaulKIRIÉ Marcel
OUZILLEAU Henri
PELLETIER André
SAUGER Raymond

Victimes civiles :
HOUDAS Solange, née ROUSSEAUTURBÉ Rachel

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