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BAULE - Le bombardement de Baule le 17 Juin 1940

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BAULE - Le bombardement de Baule le 17 Juin 1940

Message par Fab le Mar 20 Nov - 1:08

CHRONIQUES DE BAULE d'après les cahiers de l'ABBE PASTY, prêtre et soldat...

(Cahiers de l'Abbé Pasty)

15 JUIN

L'immense majorité de la population, troublée par l'arrivée d'une dépêche enjoignant aux services postaux de partir immédiatement, a résolu de franchir la Loire pour éviter les dangers d'une bataille que l'on croit devoir se dérouler sur les bords du fleuve. Quelques batteries françaises, nous dit-on, ont déjà pris position sur la rive gauche.

Vélos, voitures, autos partent dans les directions de Meung ou de Beaugency.

Sur la route, l'encombrement est insensé. A Beaugency, l'embouteillage est complet : en plus des émigrés habituels, arrivent les partants de Baule, Messas, Vernou, Cravant, Josnes, Tavers. Quelques habitants de Baule, partis de matin, n'ont pu franchir le fleuve que tard dans la soirée.

Les convois militaires ont la priorité : c'est naturel. Mais, difficilement, ils se frayent un passage. Ils vont prendre position ! (on le croit, du moins).

Mais, des officiers, accompagnés de femmes, semblent fuir avec une hâte vraiment scandaleuse ! Stupeur ! On ne va pas à la bataille avec son épouse et, souvent, on devine… autre chose ! De nombreux soldats se sauvent vers l'arrière, sans armes, parfois sur des vélos d'enfants. C'est odieux, car ces hommes ricanent. Des poilus de 14 relèvent vertement la couardise des uns et des autres. Ce n'est pas une retraite stratégique pour ceux-là, mais une débandade effrénée et honteuse. Les convois ordonnés sont considérés avec respect : eux, ils vont faire du bon travail, leur devoir !

16 JUIN

Dimanche… Les départs continuent pendant la journée du dimanche ; ils sont presque terminés dans la soirée.

Quelques personnes qui n'ont pu trouver de voitures, des vieillards et d'assez nombreux étrangers restent seuls.

Le soir à 18 heures les avions circulent dans le ciel. Ils survolent la ville de Meung ; des explosions retentissent ; nous voyons des nuages de fumée : c'est le moulin de Piednoir, sur la route nationale, qui brûle. Dans la rue des Cordeliers, l'immeuble Godefroid s'effondre. Neuf personnes s'étaient réfugiées dans le couloir, elles sont écrasées. Madame Godefroid a été coupée en deux, le tronc sera retrouvé sur le trottoir, le reste du corps sous les décombres. L'enterrement eut lieu le mardi 18, en même temps que celui des personnes tuées chez Mr Guillon.

18 heures 30. Une formidable explosion ébranle les maisons de Baule ; les vitres de la salle paroissiale sont brisées. Un énorme champignon de fumée s'élève lentement vers le ciel ; le pont de Meung vient de sauter.

Des autos mitrailleuses allemandes ont traversé la ville, jetant la panique. Le génie français qui savait les reproches qu'on lui avait adressés lors de l'avance allemande, rendue facile grâce aux ponts restés sur la Meuse, ne voulut sans doute pas encourir les mêmes reproches.

Espérons qu'il ignorait qu'après avoir pénétré dans Orléans, les allemands avaient franchis le fleuve par le pont de Vierzon et étaient déjà parvenus à la hauteur de Cléry.

Détruire le pont de Meung a été une faute grave, parce que c'était inutile et cette destruction troublera longtemps la vie économique de nos régions.

Dans le même temps, un chapelet de bombes s'écrasait à Baulette. L'une de ces bombes explosa près de l'habitation de Mr Jean Genty, qui est sérieusement ébranlé : partout des lézardes. Un petit hangar s'écroule. Non loin de la même habitation, une autre s'enfonce de trois mètres de profondeur. Elle est toujours là ; une grosse pierre en indique la place. Prévenu, le génie allemand a déclaré qu'il y aurait trop de danger à vouloir l'extraire. Trois autres bombes creusèrent d'énormes trous dans un terrain vague.

Le samedi soir, et de dimanche matin, des autos mitrailleuses circulent dans Baule, ne cessant de tirer.

17 JUIN

Lundi… Dans la matinée, derniers départs. La circulation est moins dense sur la route nationale.

A 15 heures 30, quelques éléments ennemis viennent à Baule par le chemin de Baulette. Ils pénètrent dans le parc du château Manuel, en percent le mur et, avec une mitrailleuse, tirent dans la direction de la route de Blois.

La porte du clocher est défoncée à coups de rondin. Un officier français, rencontré à la Ferté St Cyr, le lendemain matin, a déclaré qu'il avait été blessé à la figure par une balle de mitrailleuse tirée du haut de ce clocher. Un abat-son avait été enlevé et, de ce poste, le champ de tir était merveilleux. Je dois dire, malgré tout, que l'on n'a pas trouvé de douilles de balles dans aucune partie du clocher. Nous avons vu des taches de sang.

A Foisnard, une colonne d'artillerie marocaine débouche, venant de la Bruère. Un commandant français, dont l'attitude énergique fut très remarquée, posta trois pièces d'artillerie : une, près de la maison de Lerude, l'autre dans la venelle, près de la maison de Toussaint Guillon et la troisième, plus près de la garde-barrière. Ces pièces tiraient dans la direction de Meung. Il s'agit certainement d'empêcher l'avance des troupes ennemies qui auraient coupé la colonne française rejoignant le pont de Beaugency.

Derrière nos troupes, dans la direction du Bardon, il y a de l'artillerie allemande. Quelques obus de 75 sont à peine tirés que des avions arrivent, lâchent de petites bombes qui atteignent la maison Lerude, en font sauter les réserves d'obus et d'essence. Le tracteur du 75 est brisé. Les maisons Gitton et Bazin sont touchées aussi par des bombes.

Le canon allemand tonne de tous côtés, du nord et du nord-est. Les français postés de l'autre côté de la Loire répondent.

Les pièces allemandes sont près de la ferme de la Bourie, d'autres plus à droite. A Meung, un 77 a été installé entre la maison Arnal et le château d'eau. Le tir fait rage. L'église et Foisnard sont particulièrement visés. Plus de cinquante obus cherchent ou atteignent la maison sainte ; huit d'entre eux touchent ou le clocher, ou le corps de l'édifice.

A Baule, un pan de mur des maisons Langlois et Agasse est abattu ; la coopérative vinicole et le château de l'avocat ont eut leur toiture ou leurs murs d'enceinte touchés. Un obus venant de la direction de Lailly explose et démolit le mur de la cuisine du centre d'accueil. Dans le parc Manuel, plus de vingt obus ont explosés, brisant les arbres, sans toucher les bâtiments. Deux obus seront trouvés dans le cimetière ; des éclats atteignent le presbytère.

A Foisnard, le familistère, le bureau de poste, les maisons Moreau, Grillon, Bonniot, Gitton, Bazin ont leurs toitures soufflées par l'explosion des bombes, d'obus, ou par éclats.

L'église est sérieusement endommagée : de gros percutants et un fusant l'atteignent. Les pierres de l'assise nord-est du clocher sont projetées sur la toiture et la défoncent, ainsi que la voûte de l'église. L'une d'elles pèse au moins cent kilos. Après avoir traversé toiture et voûtes, elle écrase les balustres et une forte assise de la tribune. Les grandes orgues sont culbutées et rendues inutilisables.

Ce qui inquiète le plus, c'est le pan de mur qui accote le clocher : par grand vent on le voit remuer. C'est … un centimètre de pierre qui l'empêchera de tomber à terre.

Le clocher a été touché par quatre 105, dont l'un fut tiré de Meung sur Loire. Un autre a touché la flèche en pierre de taille et la pierre atteinte a été repoussée vers l'intérieur. Heureusement que la municipalité avait fait refaire les joints, sinon le clocher serait certainement tombé sous les chocs ! Et c'eût été grande tristesse de voir disparaître cette flèche, objet de notre fierté, construite avec tant d'amour par Mr l'Abbé Guiot et dont la hauteur est de 46 mètres, située sur la partie la plus élevée de la commune elle est visible de très loin. A son sommet, une série de feux orange avaient été installés. Ces feux électriques indiquaient l'époque des sulfatages pour Baule et ses environs. Le câble de ces feux a été coupé par éclats en plusieurs endroits.

La toiture de la chapelle du Sacré-Cœur n'existe plus par places, pas plus que les voûtes de cette chapelle. D'énormes moellons ont renversé une antique statue en pierre. Notre St Vincent, venu de la chapelle de Villeneuve, est tombé à terre, décapité et l'épaule brisée. Un St Jean-Baptiste, terre cuite intéressante, une charmante statue de la Vierge qui était portée par les jeunes filles pendant les processions et surtout les fonds baptismaux, très belle vasque en marbre rose, offerte par Mme Guerton, gisent à terre, au milieu des décombres, brisés en mille morceaux ou cassés à plusieurs endroits.

Deux robustes contreforts ont été littéralement broyés sur un mètre de hauteur. Le chapeau de l'un d'eux, lourd de cent kilos, a, par contrecoup, été projeté à vingt mètres en arrière du mur.

Un fusant a criblé de shrapnels la toiture, et la voûte de l'église, à cet endroit, semble une vraie passoire.

Au chevet du monument, un obus a frappé, et le cintre de la fenêtre a été projeté à l'intérieur. La pierre du maître autel, 1200 kilos !, est écornée sur un mètre de longueur. La grande statue de St Jean-Baptiste placée au-dessous du vitrail dédié à St Joseph, est tronçonnée : Hérode avait seulement fait décapiter le St Précurseur !...

Trois grands vitraux du chœur, six de la grande nef sont volatilisés ; plusieurs autres, endommagés en partie.

Partout, une énorme couche de poussière. Partout des moellons, des gravats…

Seule, la chapelle de la Vierge est intacte. C'est là que seront célébrés les offices, en danger, la bravoure et enfin… le triomphe de ses fils, triomphe, justement clamé à travers le monde par le grand illustré made in Germany. "


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