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Jean-Paul ANDRÉ, 19 ans, fusillé de MARCILLY-EN-VILLETTE le 10 juin 1944

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Jean-Paul ANDRÉ, 19 ans, fusillé de MARCILLY-EN-VILLETTE le 10 juin 1944

Message par Fab le Sam 26 Mai - 6:10

Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent sur les côtes normandes et entament la campagne de libération de l’Europe. L’espoir renaît et la France, occupée depuis quatre ans, voit se lever le voile de l’oppression. On peut imaginer un instant la puissance de ce sentiment nouveau qui naît dans le cœur de la population, et en particulier dans celui de la jeunesse française de l’époque. C’est ainsi qu’à Stanislas, dix jeunes élèves de nos classes préparatoires se sont, d’un commun accord, décidés à entrer dans la Résistance.

Ils font tous partie du réseau « Vélites Thermopyles » des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) et doivent être affectés au maquis de Corrèze. Le 5 juin, ils reçoivent l’ordre de Londres de rallier leur maquis et quittent Stanislas. Un peu partout en France, des relais avaient été aménagés pour accueillir ces résistants au cours de leur déplacement. L’un de ces relais, situé à vingt-cinq kilomètres d’Orléans, au château du Cerf-Bois (à Marcilly-en-Villette) reçoit le groupe de Stanislas le 8 juin. Ils se cachent dans une ferme du domaine.

En apparence, tout semblait bien fonctionner et nos jeunes élèves se montraient insouciants et optimistes. Néanmoins, le 10 juin au petit jour, une unité allemande cerne l’un des relais du secteur, la ferme de By, distante de quelques kilomètres du Cerf-Bois. Les Allemands arrêtent trente et un jeunes FFI qui sont passés par les armes immédiatement. Aucun d’eux n’avait plus de 25 ans.

Ces résistants avaient été livrés par l’un d’entre eux, un étudiant d’une autre classe préparatoire parisienne. Il faisait partie des FFI mais servait en sous-main la Gestapo. Il fût exécuté à la Libération.
Sur les indications de cet étudiant, les Allemands se dirigent ensuite au château du Cerf-Bois. Douze jeunes FFI y sont capturés dont les dix élèves de Stanislas et exécutés sur-le-champ dans une clairière. C’était le samedi 10 juin 1944. Il était 17h30.

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Monument commémoratif sur les lieux de l’exécution le 10
juin 1944 de douze étudiants parisiens, dans les bois du
Château de Cerfbois, dans la commune de Marcilly-en-Villette,
en Sologne


Parmi ces préparationnaires de Stanislas, Jean-Paul ANDRÉ, 19 ans, nous révèle le sens profond de son engagement dans la résistance dans un testament spirituel (*) qu’il a adressé au directeur de Stanislas six mois avant son exécution. Sa lettre débute par cette prière où transparaît son amour brûlant de la patrie :

« … Mais le jour du Grand Jugement cependant, il est une chose que je vous apporterai pure et intacte, brillante et illuminant mon pauvre cœur, comme le font des bougies de cire blanche dans une triste chaumière, cette lumière c’est mon panache et c’est ma raison de vivre : c’est la France. Et voyez-vous, mon Dieu, je compte beaucoup sur elle pour me faire pardonner car aimer la France passionnément n’est-ce pas beaucoup Vous aimer ?... N’est-ce pas déposer aux pieds de vos Saints, la plus belle fleur, la plus digne ? … »

Jean-Paul André exprime ensuite sa détermination à se battre pour la France jusqu’au sacrifice de sa vie si les évènements l’exigent :

« … Je dois rejoindre, le jour fixé, une petite ville de Normandie. […] Là, je dois vaincre ou mourir… et j’espère bien vaincre. Mais s’il faut mourir, je partirai faire le grand voyage le sourire aux lèvres et le bonheur dans les yeux.
Je ne suis pas de ceux qui méprisent la vie et jouent avec la mort pour le plaisir de la mépriser, mais puisque mon devoir est là, je l’accomplirai jusqu’au bout.
En faisant mon devoir, je sais quelle peine immense je ferai à mes parents ; que Dieu me pardonne, mais il est sûr que rien ne me détournera de ma voie.»

Son testament se poursuit par ce message adressé aux jeunes générations :

« Dites à tous les gosses que vous connaissez que la France est plus belle que jamais puisqu’un pauvre brave garçon, un peu malheureux peut-être, va se faire tuer pour elle et que des milliers et des milliers d’autres le feront. Dites leur bien que notre défaite n’a duré qu’un temps court puisque depuis longtemps ceux qui ont été un instant abattus relèvent fièrement le front maintenant, dites-leur bien… »


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