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1939 - 1945 : Quand le Loiret résistait...

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1939 - 1945 : Quand le Loiret résistait...

Message par Fab le Jeu 26 Avr - 5:42

1939 - 1945 : Quand le Loiret résistait...

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Tout entier en zone occupée, le Loiret entre en résistance dès 1940. Ils sont ainsi quelques-uns à choisir la voie de l'héroïsme et du sacrifice face à une population qui se réfugie majoritairement dans un attentisme résignée.
1940-fin 1941 : les premiers Résistants. Le 16 juin 1940, les Allemands atteignent la Loire. Après l'armistice du 22 juin, le Loiret se trouve tout entier en zone occupée. Hostile à la collaboration, la grande majorité de la population, préoccupée de survivre, se réfugie dans un attentisme résigné qui vire dés la mi-1941 au refus de Vichy mais sans engagement dans la Résistance. Cependant dés 1940, une résistance commence. En 1942-43, elle s'organise et se renforce malgré la répression. A l'été 1944, beaucoup la soutiennent sans y participer directement.

Rapidement, quelques patriotes résistent de façon spontanée, individuelle, isolée, dispersée et inorganisée. Le 18 juin, à Jouy-le-Potier, à Germigny-des-Prés, deux hommes font le coup de feu contre des Allemands qui les abattent. L'appel prononcé le même jour à la BBC par le Général de Gaulle est peu écouté mais vite entendu. Dès juillet, des tracts, des papillons, des journaux sont rédigés, distribués ou collés aux murs clandestinement. Des graffiti injurient l'armée allemande. En mars 1941, quand Londres appelle à les inscrire partout, les signes "V" se multiplient sur les murs de Pithiviers.

Le premier fusillé en septembre 1941. Dès août 1940, des sabotages sont commis contre des câbles téléphoniques allemands. Des réseaux d'évasion permettent de gagner la zone libre. Arrêtée le 9 avril 1941 pour complicité dans une filière de passage de la ligne de démarcation, Louise Woirgny, modeste épicière orléanaise, est condamnée le 3O juillet à la peine de mort, commuée en mars 1942 en déportation. Fin avril 1941, le Komintern accepte la guerre patriotique. Des communistes entrent en résistance bien avant l'invasion nazie de l'URSS en juin. En mai, ils fondent le Front national.

Dans le Loiret, le premier fusillé est, le 29 septembre 1941, Marcel Pilongery, cheminot communiste et syndicaliste orléanais. Arrêtés dés février 1941 , les communistes, Roger Laforge, instituteur à Montargis et Raymond Tellier, imprimeur à Amilly, font partie des 48 otages fusillés, le 22 octobre 1941, à Chateaubriant, en représailles d'un attentat mortel commis contre un officier allemand à Nantes. L'automne de sang 1941 annonce un tournant décisif.

L'union dans le combat contre l'occupant. Dans le courant de 1942, des réseaux et des mouvements se constituent. Divers, ils regroupent dans un combat politique et patriotique les adversaires de l'occupant et de Vichy. Ils pratiquent une résistance pluraliste, multiforme, interclassiste, intergénérationnelle et intersexiste. Contre le STO, la révolte éclate par instants massivement au grand jour. Les conscrits des classes 40, 41 et 42 manifestent en arborant des drapeaux alliés. A Pithiviers, en mars 1943, vingt jeunes sont arrêtés et déportés, six ne rentreront pas.

Les services britanniques et gaullistes forment des réseaux, de renseignements et de faux papiers en 1942 puis de sabotages et de parachutages en 1943. Buckmaster, colonel anglais du Special Operation Executive, organise une section à Meung-sur-Loire et à Baule avec l'abbé Pasty, curé de cette paroisse et une autre en Gâtinais. Elles sont démantelées en juillet 1943. Trois mouvements jouent, en 1943, un rôle essentiel, le Front national à dominante communiste, Libération-Nord d'obédience socialiste, Vengeance d'inspiration droitière.

La traque des Résistants. En décembre 1942, le FN forme une unité de FTPF qui rassemble des patriotes d'Orléans, Fay-aux-loges, St Denis de l'Hôtel et Bonny-sur-Loire. Début 1943, ils commettent des sabotages contre les voies ferrées, les câbles téléphoniques et les pylônes électriques. En mars 1943, la police française arrête 52 d'entre eux et les livre aux Allemands. Le 30 septembre, le tribunal militaire allemand d'Orléans en condamne 18 à la peine de mort, le 8 octobre, 17 sont fusillés au champ de tir des Groues, la 18ème Marcelle Rivière, employée des PTT, meurt en déportation.

Libé-Nord est principalement animé par le journaliste Roger Secrétain, le docteur Pierre Ségelle, l'industriel André Dessaux, l'instituteur de Beaugency Robert Goupil et celui de Jouy-le-Potier Charles Rocher. Le 8 octobre, sept sur les dix membres du comité directeur sont arrêtés. Quatre sont déportés, Ségelle et Dessaux reviendront mais pas Goupil ni Rocher. Vengeance crée des Corps francs, galvanisés par le valeureux ancien chef scout Claude Lerude, âgé de 23 ans. Arrêté le 16 janvier, il meurt en déportation le 7 mai 1945...

350 fusillés et 730 déportés pour le Loiret. Décimée, la Résistance est alors assez forte pour se renouveler avec d'autres responsables, pour Libé-Nord avec Lemaître, Toupense, Couttenier, Joudiou etc ..., arrêtés en février 1944 et remplacés par Carré, Chevallier etc ...et pour Vengeance avec Pagnon, Thénard, Duvillard etc ...De moindre ampleur, d'autres mouvements participent à la lutte patriotique, Résistance, O.C.M, O.R.A, V.O.P... Le chemin de l'unité entre les Résistances intérieures et extérieure est long et difficile mais dés février 1944, la Résistance est prête au combat sous la direction du colonel Marc O.Neill, délégué militaire régional du C.F.L.N et de Pierre Charié, chef des F.F.I désigné par le C.N.R.

Dès mai, des agents des réseaux britanniques organisent des parachutages de nuit pour armer les F.F.I. Après le débarquement du 6 juin, composés de résistants locaux et de jeunes venus de Paris, les maquis se multiplient en Forêt d'Orléans et en Sologne. Au nord de la Loire, quelque 185 F.T.P et 62O F.F.I ont pour mission d'aider les Américains. Au sud, quelque 350 F.F.I doivent garder la rive gauche. Les Allemands s'efforcent de détruire ces "bandes de terroristes".

Le 10 juin, ils massacrent en Sologne au By et au Cerbois 42 étudiants parisiens, le 14 août au Carrefour d'Orléans prés de Lorris, ils exécutent 49 résistants dont l'abbé Georges Thomas et l'instituteur de Nibelle, Roger Giry. Au total, dans le Loiret, les pertes de la Résistance s'élève à 350 fusillés, 730 déportés dont 405 ne reviendront pas et 82 tués dans les combats de la libération. Mouvement constamment minoritaire, la Résistance a permis de sauver l'honneur de la France et de reconstituer son identité nationale sur les valeurs de la République.

J-M.Flonneau



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