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Le camp de Jargeau 1941-1945

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Le camp de Jargeau 1941-1945

Message par Fab le Ven 25 Fév - 8:05

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Les baraques de Jargeau, construites pendant la drôle de guerre.

La construction du camp, entreprise par l'administration française, commence en septembre 1939.
Il est constitué de dix-sept baraques afin d'abriter des réfugiés de la region parisienne. Mais après la débâcle, la Wehrmacht vide le camp de ses occupants. Les Allemands le transforment en "Frontslag 153" où s'amassent 900 prisonniers de guerre français jusqu'en novembre 1940, date à, laquelle on les envoie travailler outre-Rhin.

Le 26 octobre 1940, la feldkommandatur d'Orléans donne l'ordre aux autorités françaises d'arrêter puis d'interner tous les nomades du Loiret le 5 mars 1941. Jacques Morane, le préfet régional, déclare officiellement l'ouverture du camp de nomades de Jargeau le 7 juillet 1941. Après les rafles organisées par la gendarmerie nationale dans les départements limitrophes, on dénombre 606 internés tziganes dans le camp. Dès octobre 1941, "d'autres catégories d'individus" arrivent à Jargeau : des prostitués, des étrangers originaires d'Europe mais aussi des internés politiques ou administratifs. A partir de 1943, le camp, devenu l'annexe de la prison d'Orléans, accueille des réfractaires du STO. Ils demeurent là quelques semaines avant de partir pour le Reich. En janvier 1944, onze gardiens de la paix viennent s'y ajouter pour "faits de résistance".

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Intérieur d'une baraque : Les détenus y travaillent pour le compte d'entreprises extérieures (notamment une fabrique de sacs)

A l'intérieur du camp, l'état sanitaire est déplorable : vermine, puces ou autres prolifèrent. Les détenus reçoivent une maigre ration quotidienne de 250 g de pain ainsi qu'une soupe de légumes infecte. De plus, le chauffage est quasiment inexistant.

Pour les gardiens de Jargeau, les conditions sont plutôt favorables : ils reçoivent chaque mois un salaire de 950 F, sans compter les allocations diverses. Ils sont aussi logés, nourris et habillés. Mais la protection d'un emploi bien rémunéré vaut-elle vraiment que l'on maltraite des innocents(es)?

Lors de la libération, en 1944, le camp retient encore 405 internés. Plus tard, les bâtiments seront rasés puis remplacés par un collège. Lorsque le proviseur a appris que son établissement était construit à l'emplacement d'un ancien camp, il s'est montré ému et très peiné.
Même après cinquante ans, les esprits sont encore très troublés par cette sombre époque...

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De très jeunes enfants s'amusent dans la cour de Jargeau...
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Fab
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