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Une vie difficile au milieu des ruines du Loiret ...

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Une vie difficile au milieu des ruines du Loiret ...

Message par Fab le Ven 25 Fév - 7:22

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Le décor quotidien pour la population des villes sinistrées...

Dans les villes bombardées, la population doit s'habituer à vivre au milieu d'un décor apocalyptique. En 1940, le préfet Morane d'Orléans propose les premiers plans de reconstruction : il faut en effet balayer puis ouvrir les rues à la circulation et faire tomber les pans de murs en ruine qui menacent de s'écrouler. Pour cela, des concours publics d'architectes sont organisés. Mais les travaux ne peuvent être menés à bien : les matériaux manquent et les allemands interdisent d'aller au delà du déblaiement.

Les commerçants victimes du sinistre sont installés dans des baraquements. Chaque consommateur doit s'inscrire avec l'un d'entre eux pour s'approvisionner en pain, sucre, viande, beurre... grâce à des tickets de rationnement. En effet, le premier problème des familles est de s'alimenter. Alors, chacun se rend chez le commerçant à pied ou à vélo, mais rarement en voiture car l'essence manque (bien que quelques voitures soient équipées en gazogène). Là, avec une carte de ravitaillement, on a droit à des quantités variables de nourriture, selon les catégories (J1, J2, J3, A, V, T). Même pour recevoir du charbon et des vêtements, il faut se munir d'une carte.

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Dans le milieu agricole, les rendements baissent : en plus des réquisitions, le manque de moyens (notamment de sulfate de cuivre pour les vignes ou encore d'engrais pour les légumes et les blés) appauvrit les exploitants. La main d'oeuvre fait elle aussi défaut, empirant la situation. Le travail, pourtant très appréciable, des étudiants du service civique rural, ne la remplace pas. A Tigy, durant l'été, la venue des jeunes filles des "Sciences Politiques" ne déplait pas aux agriculteurs, mais leur contribution ne suffit pas à terminer les travaux.

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A Orléans, un exemple de réquisition : Les allemands demandent du foin et de l'avoine pour leurs chevaux

Dans l'industrie, la situation est parfois dramatique. Manque de matières premières, de charbon ou d'électricité, certaines entreprises sont obligées de ralentir leur activité, voire de l'arrêter totalement. Les ouvriers au chomage vivent alors dans la misère. Ils ne peuvent s'approvisionner au "marché noir", où les prix flambent déraisonnablement, et les tickets de rationnement ne suffisent pas à nourrir leurs familles. Le préfet du Loiret en est conscient lorsqu'il écrit en janvier 1944 "le ravitaillement est devenu une question d'argent [...] le salaire de l'ouvrier ne lui permet pas de vivre". Mais il est bien incapable de changer la situation. Alors on survit avec les "moyens du bord". On fabrique du savon avec de la cendre, on fume le trèfle au lieu du tabac, on collecte les marrons, les vieux chiffons les os... Le "Secours National" aide les plus démunis, profitant de la situation pour faire de la propagande pétainiste.

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A l'usine Hutchinson de Chalette les réquisitions de caoutchouc ont provoqué l'arrêt de l'entreprise

Les plus défavorisés dans les "années noires" sont les familles de prisonniers de guerre. 14.000 soldats du Loiret (sur 344.000 habitants) sont retenus dans les Stalags ou autresz "kommandos" de travail en Allemagne ; ce qui représente 12% de la population active. Pour toutes ces épouses espérant le prompt retour de leur mari ou ces enfants en manque de père, l'attente sera longue et l'inquiétude pesante.

Des prisonniers, évadés ou rapatriés, parviennent à rentrer avant la Libération. Mais pour les autres, le futur est incertain. Alors on confectionne avec amour des colis où l'on glisse quelques douceurs réconfortantes. On envoie les photos du dernier-né qui a déjà tellement changé, en espérant que son père sera bientôt de retour pour le voir grandir... Et avec quelle impatience on attend la réponse, écrite sur un coin de la table, de l'être cher absent ! Des camarades rapatriés soutiennent financièrement et moralement ces familles en difficulté. Même durant les périodes les plus troubles, la solidarité existe, redonnant un semblant d'espoir...

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