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Souvenirs d'un vétéran de la campagne de 1940

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Souvenirs d'un vétéran de la campagne de 1940

Message par Fab le Ven 26 Nov - 3:00


tirés d'un article publié sur le site 39-45.org :

" Je vais vous livrer les souvenirs de mon grand-oncle, vétéran de la campagne de 1940 et fringant jeune homme de 92 ans, qui m’a raconté ses souvenirs et donné l’ensemble de ses documents lors de mes vacances.

Débute alors la débâcle. L’unité d’Henri se replie plein sud direction Compiègne. Ils trouvent un bois au nord de la ville afin de s’abriter de l’aviation omniprésente (certainement la forêt de Laigue). Peine perdue, le bois est quasiment encerclé et les Stukas mitraillent sec : « C’était terrible, les balles tombaient comme de la grêle. Les branches étaient hachées menu. On essayait toujours de se planquer derrière un arbre lorsqu’on entendait les Stukas piquaient. Une fois c’est pas passé loin, une balle s’est fichée dans le tronc à 20cm de ma tête. Mon copain à côté de moi a eu la poitrine légèrement brûlée par une balle qui a traversé sa capote avant d’exploser dans son portefeuille. »

Malgré tout, l’unité d’Henri parvient à se faufiler entre les lignes allemandes. Ils continuent de refluer vers la Loire marchant jours et nuits tel des « robots », l’ennemi les talonnant toujours de prés.
Un des souvenirs les plus durs pour Henri, concerne le sort des réfugiés. Les convois de soldats étaient prioritaires, tous les véhiculent civils étaient basculés dans les fossés lorsqu’ils gênaient le passage. La plupart n’avaient pas de vivres : « Je me souviens d’une jeune mère qui pleurait avec son bébé dans les bras. Elle nous demandait du lait car elle n’avait pas pu lui en donner depuis trois jours et il était mourant. Mais on n’en avait pas. ».

Henri arrive prés d’Orléans et passe la Loire à Gien, les Allemands sont à portée de fusil. Il peut observer une colonne de landser qui s’étire sans fin : « Là j’ai su que c’était fini ! ». Les gars du 41e RAD sont les derniers à franchir le pont car les sapeurs le font sauter juste après.
Cette journée, Henri et ses camarades peuvent voir des avions qui ne sont pas allemands dans le ciel : « On a vu un drapeau tricolore sur leur queue alors on s’est pas inquiété. Et puis on les a vus viré, prendre de la hauteur et commencer à piquer sur nous. C’est quand ils sont passés en nous mitraillant qu’on s’est rendu compte que c’était le drapeau italien qui était peint sur la carlingue ! » "


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