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Albin CHALANDON , maquis de Lorris puis ministre

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Albin CHALANDON , maquis de Lorris puis ministre

Message par Fab le Mer 10 Nov - 4:29

Albin Chalandon, né le 11 juin 1920 à Reyrieux (Ain), est un homme politique et ancien ministre français.

Résistant
À 24 ans, il dirige une compagnie dans un groupe de 500 maquisards en forêt d'Orléans (maquis de Lorris), ce qui l'amène à se confronter au régiment SS 1010, basé à Chilleur Aux Bois. Il est blessé assez grièvement mais sauvé par le Général Leclerc, ce qui le conduit à participer à la libération de Paris, et plus particulièrement à celle du Parlement et des bâtiments du Quai d'Orsay, alors tenus par les SS ; les combats se soldèrent par d'importantes pertes humaines . Ce fait d'armes lui valut la légion d'honneur à titre militaire.

Haut fonctionnaire
Albin Chalandon débute sa carrière à l'Inspection générale des finances avant de devenir membre du cabinet de Léon Blum (lequel est alors président de l'ultime gouvernement provisoire – du 16 décembre 1946 au 16 janvier 1947 –, soit juste avant l'entrée en vigueur de la Quatrième République). Il poursuit par la suite sa carrière dans la haute fonction publique.

Banquier
Il crée en 1952 une banque avec Marcel Dassault, la Banque Commerciale de Paris (source Who's Who), dont il fait en seize ans la 6ème banque française, revendant alors en 1968 sa participation pour entrer en politique. Cette banque a été fusionnée ensuite dans la Banque Vernes, qui a été nationalisée en 1981.

Dirigeant au sein du mouvement gaulliste
Lors du retour du général de Gaulle au pouvoir en 1958, il devient trésorier puis secrétaire général de l'UNR. Il évolue par la suite dans les directions d'entreprises, et est membre du Conseil économique et social entre 1964 et 1967. Il se fait alors élire député des Hauts-de-Seine.

Ministre de l'Équipement et du Logement (1968-1972)
Brièvement ministre de l'Industrie de mai à juillet 1968 dans le dernier gouvernement Georges Pompidou, Albin Chalandon participe également au gouvernement Maurice Couve de Murville puis au gouvernement Jacques Chaban-Delmas, en tant que ministre de l'Équipement et du Logement, de 1968 à 1972. À son initiative, on se lance à grands pas dans la résorption du retard français en matière d'équipements autoroutiers : on passe de la construction de 50 km par an à celle de 500 km. La présence d'Albin Chalandon au ministère est marquée par une révision radicale de la politique du logement (Albin Chalandon parle de « libérer l'urbanisme »). Les investisseurs privés sont davantage invités à participer au financement des grandes opérations d'urbanisme (les ZAC se substituant aux ZUP) ou aux grands équipements publics. Le plan d'épargne-logement est dynamisé. Les plans ambitieux de constructions de grands ensembles qui ont marqué les années 60 ne sont plus d'actualité et on promeut désormais l'habitat individuel : en 1969 est lancé un Concours International de la Maison Individuelle (dit Concours Chalandon) qui conduit à la construction de 70 000 pavillons individuels familièrement désignés par un néologisme - ce sont les chalandonnettes2. Le départ d'Albin Chalandon du ministère de l'équipement est marqué par l'affaire Aranda, du nom d'un de ses collaborateurs qui transmet à la presse des copies de dizaines de documents (interventions pressantes auprès du ministre) des plus compromettants pour plusieurs personnalités notables des cercles du pouvoir.
Il siège comme député des Hauts-de-Seine de 1973 à 1976.

Dirigeant d'Elf-Aquitaine (1977-1983)
Il dirige ensuite ELF Aquitaine entre 1977 et 1983.

Garde des Sceaux (1986-1988)
Élu député dans le Nord lors des élections législatives de 1986, Albin Chalandon est de 1986 à 1988 le garde des Sceaux du gouvernement de Jacques Chirac, pendant la première cohabitation. La politique en matière pénale est réorientée et prend une tonalité sécuritaire. Dès les premières semaines de la législature, quatre projets de lois allant dans cette direction sont élaborés par le ministère de la Justice et celui de l'Intérieur : les contrôles d'identité sont facilités, une loi durcit les dispositions relatives à la période de sûreté et la comparution immédiate, une troisième facilite la répression des faits de terrorisme (notamment en instaurant une Cour d'Assises spéciale composée de magistrats professionnels), une quatrième enfin restreint les possibilités de remise de peine. Validées par le conseil constitutionnel, les quatre lois seront promulguées dès septembre 1986. Le changement de politique est affiché dès les premières semaines du nouveau gouvernement : le ministre convoque les procureurs généraux pour leur déclarer : « Il faut savoir réprimer et pas seulement prévenir ».

Le 23 septembre 1986, une conférence de presse du ministre relative au traitement judiciaire de la toxicomanie déclenche une polémique. Là encore, il s'agit d'annoncer une volonté de plus de répression. À côté de peines accrues pour les trafiquants, le ministre évoque les consommateurs : pour lui, « l'usager est d'abord un délinquant ». S'il refuse de se soigner, il conviendra donc de l'incarcérer - Albin Chalandon évoque le projet de créer 1600 places de prison adaptées aux toxicomanes. Ses déclarations provoquent l'indignation de l'opposition de gauche et de médecins ou éducateurs, mais aussi des protestations dans la majorité, notamment de l'ancienne ministre de la Santé Simone Veil. Un mois plus tard la ministre en exercice, Michèle Barzach, fait elle-même connaître sa désapprobation, obligeant le premier ministre à trancher ; ce sera en faveur de Mme Barzach5.

Le 12 novembre 1986, Albin Chalandon présente au Conseil des ministres un projet de loi « portant réforme du code de la nationalité », qui va dans le sens des revendications formulées par le Front national. Le « droit du sol » qui accorde annuellement la nationalité à 40000 enfants nés en France de parents étrangers est remis en cause ; désormais l'acquisition de la nationalité par les enfants d'étrangers sera volontaire et devra faire l'objet d'une déclaration -on a initialement même envisagé une prestation de serment. François Mitterrand rend public son désaccord, et le projet de loi sera finalement enterré. S'entretenant quatre ans après avec des journalistes, Albin Chalandon assure n'avoir défendu que du bout des lèvres des mesures qui étaient défendues par les ultras de la majorité mais lui semblaient excessives.

Face au problème alors aigu de la surpopulation carcérale, et après avoir essuyé le refus des ministres de l'Économie et du Budget Édouard Balladur et Alain Juppé, de débloquer un budget significatif en vue de construire de nouvelles prisons, Albin Chalandon se tourne vers une solution libérale : la concession au secteur privé. Un projet de loi est présenté le 19 novembre 1986 en Conseil des ministres, qui autorise le financement et la gestion privée d'établissements pénitentiaires. Comme la semaine précédente pour la réforme du droit de la nationalité, le président de la République prend la parole pour désapprouver cette solution. Ceci n'empêche pas la procédure parlementaire de se mettre en route, le projet de loi étant tout d'abord examiné au Sénat. Mais, inquiet de la tournure de l'affaire (avis défavorable du Conseil d'État, mobilisation des syndicats de gardiens, réticences au sein même de la majorité), le premier ministre décide de revoir le plan initial ; le budget nécessaire à la construction de nouvelles prisons publiques est débloqué et la rédaction du projet de loi prfondément modifiée au fil de la navette parlementaire. En son état final, les prisons pourront être bâties par des entreprises privées, mais la gestion publique n'est plus remise en cause.

Cette période de la vie publique d'Albin Chalandon est enfin marquée par l'« affaire Chaumet ». Alors que la société Chaumet, une très ancienne et fameuse joaillerie installée place Vendôme, a été mise en faillite et ses dirigeants inculpés pour « banqueroute et escroquerie », on apprend dans le quotidien Le Monde du 12 octobre 1987 que le garde des Sceaux dispose d'un compte courant rémunéré dans les écritures de la société Chaumet. Celle-ci fournissait en effet à ses clients fortunés un service bancaire clandestin autant qu'illégal. Si aucun élément ne laisse soupçonner que les sommes déposées par Albin Chalandon sur ce compte aient une provenance douteuse (le compte a été crédité par la vente de bijoux familiaux), cela n'empêche pas l'opposition de gauche – alors embarrassée par l'affaire du Carrefour du développement et l'affaire Luchaire – d'ouvrir un contre-feu et critiquer vertement la situation délicate d'Albin Chalandon, à la fois client d'un montage douteux et chef hiérarchique du parquet. L'intéressé se déclare « de marbre » et souligne qu'il s'agit de ses deniers propres et non de détournements de fonds. Selon Pierre Favier et Michel Martin-Rolland – qui jugent par ailleurs avec du recul ses explications « quelque peu embarrassées » – le garde des Sceaux était alors persuadé que la médiatisation de l'affaire n'était pas fortuite, mais bien orchestrée par l'Élysée en rétorsion au traitement judiciaire de l'affaire des Irlandais de Vincennes. Comme les autres clients des activités bancaires occultes de la joaillerie Chaumet, Albin Chalandon n'a pas été poursuivi en justice.

Retraité de la vie politique
Albin Chalandon encourage Rachida Dati tout au long de son ascension sociale, l'aidant à obtenir en 1988 un emploi à Elf-Aquitaine. Il assiste à sa prise de fonctions au ministère de la Justice en 2007.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Albin_Chalandon
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