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Harcèlement de la colonne Elster à Écueillé par les FFI - Août 1944

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Harcèlement de la colonne Elster à Écueillé par les FFI - Août 1944

Message par Invité le Sam 6 Nov - 5:38

Les premiers combats dans l'Indre


En vue des nouvelles actions offensives, le colonel Chomel réorganise la Brigade Charles Martel, (Formée par des officiers venant de l’armée d’armistice et regroupés sous le nom d’O.R.A. Voir « l’Organisation de la Résistance dans l’Indre).

Il constitue plusieurs groupements dont un groupement nord composé de trois bataillons: Médard, Carol et Lenoir aux ordres du commandant Lenoir dont le P.C. est à Ècueillé.

Une note du colonel prescrit une nouvelle période active, ceci compte tenu de l’ampleur des zones d’action, du manque de troupes spécialisées, des moyens de transmission et de transport. Il est prévu de ne plus barrer systématiquement les axes routiers mais de placer les barricades aux principaux carrefours tenus par les maquis. Des camions seront dissimulés non loin des embuscades pour s’y porter rapidement en cas de coup dur.

C’est ainsi que l’escadron Colomb, qui a fait mouvement de Saint-Maur à Buzançais laisse dans cette localité ses chevaux et se déplace sur Écueillé à partir de 13 heures, ce 25août.

Le mouvement est terminé à 17 heures et l’escadron s’installe en cantonnement.
Le groupe d’escadron Calvel, installé dans la région de Luçay-le-Mâle envoie des reconnaissances en direction de Genillé, Loches et Orbigny. Dans cette localité, le peloton Spaeth surprend une colonne Allemande de plusieurs camions et lui cause de sérieuses pertes.
L’ennemi contre-attaque le peloton Spaeth bat en retraite en direction de Nohans puis le peloton d’Oberlaender déloge les Allemands d’Orbigny.

A 21 heures, un convoi Allemand fort d’un officier, de trois sous- officiers, 72 hommes, une voiture légère, six camions remorques, etc... arrive sur la place d’Écueillé. L’alerte est donnée et les pelotons de l’escadron Colomb s’installent à toutes les issues du bourg.
Le feu est ouvert sur le convoi Allemand arrêté sur la place celui-ci riposte au canon et met en action ses armes automatiques. Bientôt, le feu est mis à la colonne, ce qui empêche les Allemands de manoeuvrer, Ils soutiennent le combat en chantant, les munitions explosent le feu se communique aux maisons. La position devient intolérable pour l’ennemi dont quelques groupes se réfugient dans les maisons et tirent par les ouvertures.

Quand les munitions cessent d’exploser, le capitaine commandant l’escadron, tout en faisant surveiller les maisons où l’ennemi s’est réfugié, organise la lutte contre l’incendie.

Des Allemands qui essaient de s’enfuir par les jardins sont tués ou faits prisonniers.



Un témoignage poignant de cette journée, celui de l’aspirant Serge Rousseau de la compagnie André.

" Tout le centre d’Écueillé est en flammes les rues qui mènent à la place sont jonchées de ferraille et une forte odeur de cadavres calcinés nous prend à la gorge, imprègne nos vêtements (plusieurs jours après, nous la sentirons encore). Sur la place même, les lueurs de l’incendie éclairent les carcasses des camions ennemis et de la voiture de Bastien, abandonnée par ses occupants lorsque apparut la tête de la colonne Allemande. Les canons mis hors d’usage pointent vers le ciel leurs longs tubes et quelques cadavres ennemis déjà raides gisent parmi les douilles éclatées.

Nous en examinons plusieurs à l’aide d’un briquet, ce qui crée une atmosphère absolument curieuse : il y a là un jeune garçon de vingt ans dont l’oesophage sort par une déchirure du cou et, près de la Renault de Bastien, est étendu sur le dos un Allemand qui essayait de la mettre en marche; sa bouche entrouverte laisse voir de nombreuses dents en or; sur sa poitrine, sont tombées deux paires de lunettes. Le capitaine Colomb, vainqueur de cette nuit, est debout, tout seul au milieu des décombres, (Le Bilan 9 Allemands tués et 15 brûlés contre 2 Français, 37 prisonniers dont 12 blessés». "


Des combats de ce genre se succèdent sans relâche les jours suivants.
Trois groupements qui précèdent la colonne Elster abordent l’Indre dans les tout derniers jours d’août :

- le groupement Clodius au sud vers Boussay Martizay Mézières en Brenne Sainte Gemme;
- le groupement Thier au centre au Grand Pressigny Preuilly Azay le-Ferron;
- le groupement Eckert. au Grand-Pressigny, Obterre, Paulnay.

Chacune de ces colonnes comporte une avant garde pourvue de canons anti-chars de 20. En tête du gros, est placée une faction d’artillerie. L’arrière-garde est rendue mobile par l’attribution de camions et de bicyclettes.
Il est prévu de briser la résistance des « troupes terroristes » par l’engagement de tous les moyens, en particulier l’emploi des armes lourdes de 75 et 88:

Les maisons d’où partent des coups de feu sont à détruire de fond en comble (Herbstzeitlose N°1 du 21 août).
Les détachements Allemands qui traversent la région pendant ces journées tragiques sont constamment sur le qui-vive. L’insécurité est partout, sur les routes, les chemins, les bois, les villages. Poussés à bout, ils se défendent avec acharnement contre les embuscades tenues par les maquisards: La Celle Guénand, Saint-Hyppolite le 27 août, Palluau le 28, La Péchaudière, Nouans, La Boussay, Yseures le 29, de nouveau La Péchaudière le 30, Chaumussay le 1er septembre.

Des exactions sont commises par ces troupes exaltées le 29 août elles se manifestent dans la Brenne, à Saint-Michel, en pillant, incendiant, tuant, violant les femmes et les fillettes. Les châtelaines des « Cinq Bondes », (journal de marche du 17ème B.c.p.)parce qu’on y a découvert le pistolet du Prince Joachim Murat, (Tué lors d'un accrochage à l’ étang de la Gabriére, le 21 juillet), sont liées au poteau et ne doivent leur salut qu’à l’intervention des officiers Allemands: mais le feu est mis au château. La région de Châtillon n’est pas épargnée non plus par ces cohortes en déroute:

De Saint-Cyran à Saint-Médard, pas une ferme n’échappe au pillage. La conduite des soldats Allemands évoque plus celle des Grandes Compagnies que celle qu’on pourrait attendre d’une troupe bien disciplinée et normalement commandée, Les volailles, et victuailles diverses sont dérobées en priorité, mais les armoires sont vidées de leur linge, l’argent liquide, les quelques bijoux sont saisis. On ne laisse rien derrière soi même les alliances sont arrachées des doigts.

Il est particulièrement intéressant de noter que les Allemands semblent rechercher systématiquement les vêtements civils d’hommes et les cartes d’identité. (retraite Allemande à Châtillon par jean et Jean Louis Giraud, Bulletin du G.H.A.B. N °9, 1977).
Le harcèlement des maquisards est très bien décrit dans ces deux témoignages que nous citons intégralement tant ils sont forts et passionnés:

" Le 30 août 1944, en exécution des ordres reçus la veille, le maquis du L. fort de 63 hommes a attaqué une colonne Allemande forte de 1.500 hommes environ. Nous avons laissé les premières voitures ennemies approcher à 15 mètres de l’embuscade, dix mètres après le virage, un gros chêne abattu barrait la route.

Au signal feu, nos 5 fusils mitrailleurs et les 3 mitrailleuses lourdes prises à l’ennemi quelques jours plus tôt se mettent à tirer.

La première voiture (voiture légère) criblée de balles a roulé jusqu’à l’arbre abattu contre lequel elle s’est arrêtée, tous ses occupants morts ou grièvement blessés.

La deuxième voiture (voiture légère) prenant feu sous l’effet des balles incendiaires des ex-mitrailleuses allemandes a franchi le fossé et sauté dans le bois, tous les occupants carbonisés.

La troisième voiture, un camion chargé d’hommes et de munitions, a pris feu instantanément, un seul homme a pu s’échapper, mais arrosé d’essence enflammée par l’explosion du réservoir, il a grillé sur la route.

La quatrième voiture, voiture légère, s’est arrêtée sur place, tous les occupants tués ou blessés.

La cinquième voiture, voiture légère, a brûlé avec tous ses occupants.

La sixième voiture, un camion d’hommes et de munitions a brûlé avec tous ses occupants.

La septième voiture, voiture légère, criblée de balles s’est arrêtée sur place, tous ses occupants morts ou blessés. Une explosion due à une grenade s’est produite à l’intérieur.

Six autres gros camions restent sur place ayant à bord quantité de morts et de blessés.
A ce moment arrive le reste de la colonne ennemie qui, pris sous notre feu, est obligé de se replier jusqu’à l’arrivée d’un char et d’un canon automatique.
L’ordre de décrochage est alors donné à nos hommes. Le repli s’exécute dans un ordre parfait. L’ennemi tire alors plus de 400 coups de canon automatique et de nombreuses rafales de mitrailleuse. Mais ses coups tombent dans le vide».

D’après les renseignements recueillis on peut estimer avec une grande modération les pertes ennemies aux chiffres suivants : 90 à 100 tués. 120 à 130 blessés. 27 ambulances sont venues chercher les blessés, les morts ont été entassés dans les camions. Parmi les morts, il y avait un colonel, deux commandants et un capitaine. Le maquis s'est replié n ayant ni tué ni blessé".


Et voici le rapport d'un commandant :

La région de B. devenue trop gênante devait subir quelques jours plus tard une attaque de S.S. Le commando était de 500 hommes transportés par camions.
Les S.S. s’abattirent furieusement sur un des maquis campé au moulin de M... Guidés par des miliciens, ils réussirent à surprendre un guetteur. Celui-ci fut torturé, brûlé plusieurs fois, mais resta muet ce qui permit au maquis de décrocher. Furieux de leur échec, la colère des S.S. se déchaîne sur le pauvre guetteur qui fut brûlé vif.

J’ai retrouvé le corps de mon pauvre petit maquisard quelques instants après le forfait, il était complètement calciné. Je résolus de le venger et je montais hâtivement une embuscade dans laquelle j’eus le bonheur de prendre une colonne isolée d’une cinquantaine d’allemands.
Attaqués à bout portant, les Allemands vendirent chèrement leur peau, mais après un engagement de 20 minutes, 30 boches tués gisaient sur le sol.
Un seul de mes hommes avait trouvé la mort dans cet engagement ".


A ce moment, le commandement F.F.I. de l’Indre met en place les structures définitives pour tenter de canaliser les passages et éviter à tout prix que les Allemands n’entrent dans les villes d’importance. De son P.C., le colonel Mirguet émet son ordre général d’opérations, le 29 août à 23 heures 30:

1. Les forces ennemies du sud-ouest se dirigent par Poitiers sur la région de Moulins. Elles sont susceptibles de passer par Le Blanc et par Châteauroux.
2. L’importance de ces forces rend impossible la défense de Châteauroux qui sera évacuée par tous éléments F.F.I. pour le 30 août 8 heures.
3. L’action des F.F.l. Indre se continuera dans les deux zones propices:
a - au sud de la ligne générale Le Blanc, St-Gaultier, Ardentes.
b - au nord-ouest de la ligne générale Martizay, Mézières, Buzançais, Levroux, Vatan.
4. L’action des troupes mobiles dans la zone nord-ouest sera coordonnée par le Colonel MARTEL, dans la boucle de la Creuse par le Colonel SURCOUF, à l’est de la Creuse d’Argenton, Eguzon par le Colonel ROBERT.
5. P.C. Département: Buxières d’Aillac P.C. MARTEL : Notz-Marafin
P.C. ROBERT : Crevant


Cet ordre est repris en détail le lendemain matin par le colonel Chomel, commandant les troupes mobiles de l’Indre.

1. Les forces ennemies du sud-ouest se sont mises en route vers la région de Moulins, Nevers et sont susceptibles de traverser l’Indre en colonnes importantes.
2. La mission des F.F.I. reste la guérilla et éventuellement l’appui des colonnes blindées Américaines.
3. Dans l’Indre, les troupes F.F.I. se regrouperont d’une part au nord- ouest de la ligne : Martizay, Mézières, Buzançais, Levroux, Vatan (brigade Martel, bataillon Conte), d’autre part au sud de la ligne Le Blanc, Argenton, Ardentes (groupement Robert, groupement Surcouf). Elles poursuivront la guérilla dans ces zones et exécuteront éventuellement des actions de flanc contre les colonnes qui utiliseraient le couloir central.
4. La mission des groupements d’Epernon et Lenoir reste la guérilla dans leur zone. Mais cette guérilla devra à nouveau s’exercer en surface.
5. Le G.E. Réserve de brigade se reportera dans la zone Palluau, Pellevoisin, Argy prêt à intervenir soit en direction de Châteauroux, soit en renforcement de l’un ou l’autre des groupements.
6. P.C. Brigade: Château Palluau.


P.C. départemental: Buxières d’Aillac.
Il est rappelé que toute la correspondance doit passer par le P.C. Brigade.


http://redditionelster.free.fr/les_Premiers_combats_dans_indre.htm


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