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Témoignage de Mr CHALOPIN, résistant du maquis de Lorris

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Témoignage de Mr CHALOPIN, résistant du maquis de Lorris

Message par Fab le Ven 29 Oct - 11:14


Témoignage de Mr CHALOPIN et Mr DURAND, résistant du maquis de Lorris

( propos recueillis au domicile de M. Chalopin, en février 1999)

M.Durand fut résistant dans le lot ou il a rejoint le maquis. Il a continué jusqu'à la libération totale de l'Allemagne : il a rejoint la 1ère armée française jusqu'à la capitulation de l'Allemagne.

Mr Chalopin, le 15 décembre 1943, entre dans un réseau appelé OCM (organisation civile et militaire) de tendance gaulliste. Dès la formation du maquis de Lorris, printemps 1944, il fut l'un des premiers à y entrer et il y est resté jusqu'à la libération. Il est le président de l'amicale des anciens du maquis de Lorris depuis quinze ans.

Qu'est-ce qui vous a amené à devenir résistants ?

M. Durand : On pourrait parler de trois sortes de résistants :

- ceux qui très tôt s'y sont engagés par pur patriotisme
- ceux qui étaient antifascistes (opinion de gauche)
- les jeunes réfractaires du STO
Même s'ils étaient tous animés de sentiments différent, ils s'y sont bien conduits. En réalité, il avait autant de motivations que d'individus… La Résistance ne se limite pas aux combats des maquis, pour lesquels j'ai néanmoins beaucoup de respect. J'ai un peu peur que le maquis de Lorris cache la forêt de la Résistance. Il y a eu des formes d'action très diverses : sabotages, organisation de parachutages, renseignements, combat, distribution de tracts ou de journaux, fabrication de fausses cartes d'identité...

M. Chalopin : C'était plutôt par patriotisme. Comme je n'avais pas encore 18 ans, je n'étais pas réclamé par les Allemands pour le STO donc rien ne m'obligeait à partir au maquis. J'estimais que c'était mon devoir de jeune à contribuer à la libération de mon pays.

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Lorsque l'armistice a été signée par Pétain, étiez-vous plutôt soulagés ou mécontents ?

M. Durand : Sur le coup, je crois que la France entière a été soulagée. Mais à ce moment-là, j'étais sur la route avec ma mère, les Allemands très proches et les bombarbements menaçants. Nous étions sans nouvelles de mon frère et ma soeur alors nous étions plutôt contents. Le Maréchal Pétain s'était fait connaître pendant la guerre 14-18 ; il avait un certain charisme, paraissait assez sympathique : il attirait un maximum de suffrages surtout auprès des ançiens combattants. Mais par la suite, voyant la tournure que prenait les évènements, son entrée dans la collaboration... les Français ont, pour la plupart, changé d'opinion. Tout d'abord, on a entendu une voix s'élever de Londres, celle du Général de Gaulle.
En 1939, j'avais alors 17 ans, j'ai vu Orléans bombardé, des colonnes de 200 à 300 prisonniers français, encadrés de trois voir cinq Allemands, et ne cherchant même pas à s'enfuir. Chez un jeune, cela fait naître un sentiment de révolte.
Petit à petit, on a vu nos bâtiments recevoir des drapeaux à croix gammée ; on a vu naître à tous nos carrefours des pancartes avec des inscriptions en allemand, on a vu parader dans nos rues les troupes allemandes. Et puis on a appris que le Maréchal Pétain avait serré la main d'Hitler à Montoire. Alors là, un grand nombre de Français a commencé à ne plus suivre le Maréchal.

M. Chalopin : Oui, tout à fait, mais j'ajouterai que s'il n'y avait pas eu ce fameux armistice, la guerre aurait peut-être duré quinze jours de plus, avec des milliers de morts supplémentaires pour rien, pour arriver au même résultat. Donc l'armistice lui-même n'était pas une mauvaise chose. Ensuite la collaboration a été plus ou moins bien acceptée. Jusqu'en 1943, 75% de la population Française était pour le maréchal ou bien neutre. Et puis il y avait les profiteurs de guerre (marché noir…) que la collaboration arrangeait bien.
Et puis, il y a eu l'annonce du débarquement et là, tout d'un coup, des gens se sont retrouvés résistants …
J'aimerais insister sur les risques encourus dont nous étions tout à fait inconscients. A 18 ou 20 ans, on a toute la vie devant soi, on sait qu'on peut être déporté, fusillié ou torturé mais on l'accepte.

M.Chalopin & M.Durand : pour conclure, nous dirons que le prix de la liberté est élevé. On ne doit pas oublier que si nous sommes libres aujourd'hui, c'est parce que nous avons accepté beaucoup de sacrifices. Toutes ces rues, ces stèles.... nous rappellent cette mémoire qu'il faut conserver.

La libération a été un déferlement de joie, de soulagement sauf pour ceux qui avaient laissé des leurs...

La liberté est le seul idéal qui mérite qu'on mette sa vie en jeu... mais elle est fragile...

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Fab
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