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Jeannette VERDIER

Message par Invité le Ven 22 Oct - 6:08


Jeannette VERDIER


Jeannette DAULIAC est née à Gourdon dans le Lot en 1911. Enseignante, c’est avec son époux, Maurice VERDIER, enseignant lui aussi, qu’elle viendra à Nargis le 1er octobre 1937.

Lors de la guerre, les époux VERDIER vont entrer dans une organisation de résistance, le réseau Etienne Leblanc dont faisait partie Mr Pierre CHARIE, député, père de M. Jean-Paul CHARIE.

Ils hébergeaient depuis quelques jours Liliane ROLFE, une jeune femme exerçant les fonctions de radio auprès d’un agent de liaison, lorsque le 30 juillet 1944 au matin, les allemands se sont présentés avec le mot de passe.
Avec leurs compagnons, les Verdier furent déportés vers les camps nazis d’extermination. Maurice Verdier est interné à Buchenwald puis Dora. Jeannette, enceinte de son second enfant, connait divers camps de concentration et principalement Ravensbrück, où elle accoucha d’un fils aussitôt disparu. (Sources : « Qui était Jeannette Verdier », Académie d’Orléans-Tours).
Malgré son énergique volonté à résister encore pour revoir ceux qu’elle aime, fils, mari, famille, c’est gravement malade qu’elle retrouve la liberté le 27 juin 1945 et qu’elle apprend le décès de son époux survenu à Elrich en décembre 1944 consécutivement à une congestion pulmonaire.
Elle lui survivra jusqu’au 18 avril 1947, date à laquelle la tuberculose emportera cette « petite femme qui était une grande Française » (extrait du discours prononcé le 22 avril 1947 sur la tombe de Madame Jeanne VERDIER, par Mr Marc BAUDRU, Maire de Gourdon, Conseiller Général – bibliothèque Durzy).

La bibliothèque de NARGIS porte le nom de Jeannette VERDIER, de même qu’un lycée professionnel à MONTARGIS.


http://apprendreenligne.net/bouat_98_99/verdier.html

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Re: Jeannette VERDIER

Message par Fab le Lun 6 Juin - 5:59

un autre article sur Mme VERDIER :

Le samedi 26 avril 1947, le journal "Le Radical du Quercy" imprime dans ses colonnes cet article:

"Mardi dernier ont eu lieu les obsèques de Madame Veuve Maurice Verdier, née Jeanne Dauliac, décédée des suites d'une longue et douloureuse maladie, à l'âge de 36 ans.
Madame Verdier avait été déportée au camp de Bukenval, où comme tant d'autres, elle a subi d'atroces souffrances, ce qui est la cause d'une mort bien prématurée. Son mari également déporté, a subi le même sort sous les coups des hordes nazies.
Toute la population gourdonnaise ainsi qu'une de ses amies également déportée, mais qui a pu résister aux affreux traitements ont tenu à l'accompagner à sa dernière demeure.
Les enfants de toutes les écoles, ainsi que toutes les sociétés de la ville, dans un cortège pieusement recueilli sous les marches funèbres de notre Union musicale se rendirent au lieu de repos. C'est là, dans un profond silence, que devant ce cercueil, M. Delmas, directeur de l'Ecole de garçons, retraça la carrière d'institutrice de Madame Verdier, ensuite M. Bardon, inspecteur primaire, décrit les regrets qu'elle laisse parmi ses collègues et surtout les enfants qu'on lui avait confiés.
A son tour M. Baudru, maire, conseiller général, dans une profonde émotion, nous dit comment M. et Mme Verdier avaient aidé la résistance, et combien ils ont souffert dans leur existence.
C'est bien à regret que vu l'exiguïté de notre format, nous ne pouvons reproduire ces émouvants discours.
A son fils âgé seulement d'une dizaine d'années, à toute sa famille cruellement éprouvée, nous adressons nos plus sincères condoléances".

Jeannette Dauliac est née le 12 février 1911 à Gourdon dans le département du Lot. Entrée dans l'enseignement, elle est nommée à Floirac, puis affectée dans le département de l'Eure. Son mariage avec un collègue Maurice Verdier, entraîna leur nomination le 1er octobre 1937 à Nargis. Dans ce lieu paisible, ils occupent un poste double offrant leurs enseignements aux jeunes nargisssiens.



La seconde guerre mondiale est là. Capitulation et occupation sont des termes qui n'ont pas lieu d'exister dans l'esprit de ces jeunes enseignants. "Ils s'insurgent et ne peuvent admettre cet ordre nouveau, ce gouvernement qui se déshonore en livrant la jeunesse à l'esclavage. Ils ne peuvent consentir à servir un tel régime.

Ils sont jeunes. Ils ont un fils. Ils peuvent vivre tranquilles, mais ils ont un caractère, une conscience; ils ont choisi le chemin du devoir, le risque, la défense d'une juste cause, le combat"

Les Verdier n'étaient pas inconscients quand ils firent bon marché de leur sécurité en entrant dans une organisation de Résistance, le réseau Etienne-Leblanc (Buckmaster). La maison d'école de Nargis devint lieu de rassemblement des membres du réseau et l'un des lieux d'hébergement de la radio britannique, Véra-Claudie Rolfe qui émettait avec Londres"

En ce mois de juillet 1944, l'avancée alliée progresse. Depuis le 6 juin c'est enfin la période de l'espoir tant attendu. Les époux Verdier donnent l'impression de savourer les moments de détente apportés par les vacances scolaires. Depuis le mercredi 12 juillet, Jeannette a libéré les 41 des 57 élèves qui fréquentaient encore la classe unique de cours préparatoire et de cours élémentaire en ce mois estival. Dans l'autre école, Maurice laisse ses élèves de cours moyen et de fin d'études aux joies des vacances à la campagne qui s'annonce prochainement libérée. Mais leurs maîtres d'école n'en demeurent pas moins actifs dans la clandestinité.

Liliane Rolfe ( alias "Claudie" ou "Nadine") exerçait les fonctions de radio avec l'agent de liaison "Marchand". Après avoir émis du garage Lejeune à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, Georges Wilkinson, officier de l'armée britannique, par prudence lui donna l'ordre de quitter la région et l'envoya à Egry continuer son service.

Depuis quelques jours le couple Verdier l'hébergeait, d'où elle émettait avec Londres. Claudie Rolfe fut arrêtée à Nargis chez Madame Verdier (1). Le 30 juillet 1944 au matin, les Allemands se présentèrent avec le mot de passe:

-"Aimez-vous les cigarettes ?"
-"Je préfère les bleues !"

Et ils envahirent la maison. Dénonciation ? Maladresse ?


Claudie Rolfe qui avait émis la nuit précédente, était encore au lit, son matériel de radio dispersé dans la chambre. Son garde du corps chargé de la protéger, François Bruneau arrêté avec elle, réussit à s'évader et les menottes aux mains, parcourt 16 kilomètres pour prévenir Pierre Charié de l'arrestation de la radio.

Internés à Montargis, Orléans puis Fresnes, les époux Verdier sont séparés pour être dirigés, lui sur Buchenvald puis Dora, elle sur Ravensbrûck. Telles sont les étapes de leur supplice.

Envoyé à Elrich, Maurice Verdier est miné moralement et physiquement. De constitution d'athlète, il est devenu une proie facile pour le mal. Il décède en décembre 1944 d'une congestion pulmonaire.

Jeanne après un "court" séjour dans les camps de Torgan et de Koenigsberg est renvoyée à Ravensbrûck dans ce camp de misère et de destruction où la mort était systématiquement organisée. Là, Claudie Rolfe fut pendue avec plusieurs Anglaises des réseaux de renseignements.

Jeannette Verdier porte le matricule 57.957. Elle n'est plus qu'un simple numéro, une esclave. Elle fait preuve d'une énergie indomptable. Avec ses camarades elle est au courant de l'avance alliée et conserve l'espoir.

Elle veut revoir la France, son fils, son mari, sa famille. Mais sa volonté ne suffit pas; sa santé subit un rude assaut et ne peut résister à ces terribles épreuves. Très malade et très affaiblie elle retrouve enfin le 27 juin 1945 le chemin de la France et de la Liberté. Elle est hospitalisée à l'hôpital Cochin où elle apprend la mort de Maurice .

Affectée par la tuberculose, pendant près de deux ans elle va lutter contre la maladie. Malgré tous les soins dont elle était entourée son organisme trop touché a été vaincu. Elle décède la 18 avril 1947 à Sainte-Feyre.

Le maire de Gourdon termine son discours ainsi:

"Jeanne Dauliac, enfant de Gourdon,
Tu as apporté et développé avec ton mari dans la petite ville de Nargis, l'esprit de la Résistance et de la confiance dans notre France. Les jeunes générations que vous avez élevées ne vous oublieront pas et les éducateurs de demain, en vous citant en exemple, fixeront à jamais le bilan de cette période tragique qui aura marqué le niveau le plus bas auquel pouvait descendre l'humanité.
Dans le malheur qui frappe ta famille, Gourdon qui t'a vu naître pleure aussi un de ses enfants. Tu n'étais qu'une petite femme mais tu étais une grande Française. Tu as fait face aux barbares et tu as souffert. Nous nous inclinons à ta mémoire. Nous saluons une Patriote et une Martyre".


http://www.gatinaisgeneal.org/michelf/nargis/4_le_temps_des_desordres/28_jv1.htm
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