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Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

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Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Fab le Sam 2 Oct - 0:42

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J'ai entendu personnellement le témoignage d'une personne ayant vécu les bombardements des avions de l'Axe en 1940 à Chateauneuf Sur Loire, et pour elle c' était de façon sûre et certaine des avions ITALIENS qui avaient mitraillé et bombardé les foules en exode sur et aux alentours du pont.

Pourtant, l' Italie est trop loin du Loiret pour que ces avions aient pu faire des missions de harcèlement au dessus de Chateauneuf. Et aucune archive ne reprend cette information d'avions italiens en opération dans le secteur .

De nombreux autres témoignages publiés dans différents ouvrages rapportent cette version, et les témoins n'en démordent pas .

Alors ont ils confondus les cocardes italiennes vert/blanc/rouge (qui n'avaient plus court en 1940, remplacés par les faisceaux fascistes) avec les cocardes françaises bleu/blanc/rouge ?

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Cocarde italienne vert/blanc/rouge et cocarde française bleu/blanc/rouge


En 1940 les avions de l' Italie fasciste portaient comme cocarde les faisceaux noirs du régime mussolinien sur fond blanc (voir ci dessous).

Ou encore ont ils confondus la cocarde allemande du 3e Reich avec celle de l' Italie fasciste ?

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Cocarde nazie et cocarde fasciste italienne

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On note la reconnaissable croix de savoie peinte sur la dérive des avions italiens

Il a surement été difficile aux personnes en exode d’identifier clairement les insignes des avions en vol, surtout sous un déluge de bombes et de balles .

De plus un accord tactique entre l’Allemagne et l’Italie prévoyait pour cette dernière de ne pas intervenir au delà du 45ème parallèle. Ses interventions restaient donc limitées aux côtes méditerranéennes et aux Alpes.

Et enfin, les archives italiennes ne font état que d’une seule mission le jour du 18 juin, une mission de reconnaissance d’ailleurs avortée en raison de mauvaises conditions météo.

ALors peut être que le régime de Vichy a fait gonfler cette rumeur, pour expliquer une défaite des troupes et de l'aviation française en 1940, par un "coup de poignard" dans le dos des italiens, rentrés en guerre seulement 1 semaine plus tôt ?

Pourtant, depuis plus de 70 ans la rumeur reste tenace . Alors quelle est la vérité ?


A lire pour plus d'infos :
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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Invité le Sam 2 Oct - 4:42


Eternel débat entre ceux qui ont vécu la guerre et ceux qui en parlent un demi siècle après.

Il serait étonnant que les avions italiens soit arrivés si près d' Orléans, en même temps les témoignages sont tellement nombreux qu'il y a peut être une vraie raison .

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Avions italiens en juin 40 en Bourgogne

Message par Invité le Lun 29 Nov - 4:18

Bonjour,
J'ai lu les diverses interventions sur ce forum ainsi que sur des sites amis. J'ai connu cette période, étant alors âgé de 4 ans 1/2. Je me souviens fort bien des mitraillages d'avions, de plat-ventre dans les fossés, de mise à l'abri au pied d'un gros arbre mais évidemment je suis incapable de dire comment étaient les avions, dans ces cas là on se fait tout petit.
Ce que je peux dire, je le tiens du journal qu'a tenu ma mère pendant cette période.
Ma grand-mère, ma mère et moi sommes partis en train de Troyes, passant par Villers-le-Sec où nous sommes mitraillés, par Bricon, les Laumes Alésia, enfin Dijon le 16 juin à 18 heures.
Voici un extrait intéressant:
"Arrivés en vue de Dijon le dimanche soir 16 juin vers 18 heures, à la sortie du tunnel, les soldats qui montent la garde tirent des coups de feu et comme nous nous informons du motif, ils nous disent que les motorisés allemands sont en face,sur la route. Nous n'y croyons pas.

Sur Dijon, on aperçoit deux grosses colonnes de fumée noire: ce sont les réservoirs d'essence qui brûlent. Le feu a été mis, paraît-il, par ordre de la Municipalité. On arrive enfin en gare de Dijon où on croyait pouvoir se ravitailler, mais tout est abandonné et pas de ravitaillement. J'ai vu mettre en perce en gare une citerne de muscat. Tous les récipients étaient bons pour en recevoir, il en coulait autant sur les voies que dans les récipients.

Départ de Dijon après une demi-heure d'arrêt. Nous avons fait peut-être cinq kilomètres que l'on entend les avions italiens*. On les voit lâcher leurs torpilles. Ils viennent sur notre convoi à plusieurs reprises. La voie est à nouveau coupée. Devant notre train, un wagon brûle en pleine voie. Les réparations demandant trop de temps, nous abandonnons le train pour gagner Gevrey-Chambertin par la route. Il est peut-être 10 heures du soir. Nous avons fait au moins dix kilomètres car on nous avait défendu de longer les voies de crainte que nous butions sur les bombes non explosées. Nous arrivons exténués à 3 heures et demie du matin à Gevrey-Chambertin, puis nous attendons que la voie soit enfin réparée. Les soldats ont fait diligence: à 10 heures et demie ou 11 heures, on annonce le premier convoi. Mais en même temps, on dit que les motorisés sont là. Le train arrive en gare, il est pris d'assaut par les civils puis repart. On ordonne aux militaires de se tenir prêts: ils préparent leurs fusils puis tirent. Nous nous blottissons dans les coins. Enfin plus rien, le calme semble être revenu et nous filons bon train." [u]

* c'est moi qui souligne.

Pour moi, je tiens pour invraisemblable que des avions italiens aient pu opérer à hauteur de Dijon (éloignement des bases, possibilités des avions de l'époque).
Ma mère ne dit pas si elle a vu les insignes, à mon avis on a du lui dire "ce sont les italiens". Pourquoi cette rumeur à divers endroits de la France. Plusieurs hypothèses viennent à mon esprit:
* souvenirs des bombardements italiens lors de la guerre d'Espagne.
* rumeurs lancées par la 5è colonne nazie
* rumeurs lancées par l'organisation clandestine du parti communiste. Le pacte germano-soviétique a moins d'un an et à cette époque les Allemands ne sont pas leurs ennemis. La lutte anti-fasciste est encore de mise, alors pourquoi ne pas faire porter le chapeau aux Italiens?
Simples hypothèses mais il est tout de même troublant que la même rumeur apparaisse aux mêmes dates en des endroits distants de plusieurs centaines de kilomètres.


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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Fab le Lun 29 Nov - 21:42

J'ai trouvé un article du colonel De Mollans, paru dans la revue Miroir de l'Histoire en 1979, qui démontre avec les mêmes arguments que les vôtres Clovis, qu'il est impossible que ce soient des avions italiens qui aient bombardé les convois sur la Loire.

Cependant, j'ai rencontré il y a peu un témoin des bombardements des forces de l'Axe le 17 Juin 1940, dix ans à l' époque, qui parle d'avions italiens ...

J'ai rencontré aujourd'hui un témoin de ces évènements, habitant la même ville que le précédent témoin, passionné d'histoire locale, qui lui a retrouvé des photos de ces avions en train de bombarder le pont de notre ville en cette mi-Juin 1940. J'ai vu ces photos, et d'après les recherches de ce témoin, ces avions seraient des avions allemands Heinkel (ou Henschel Hs 126 ?) de reconnaissance monoplans, qui pouvaient porter 10 bombes de 10 kgs ou 1 bombe de 110 kgs.

J'espère que ce témoin passera bientôt sur ce forum pour nous expliquer tout cela.



Sur le forum [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] un internaute nous fait part des écrits de son grand-oncle durant la campagne de 40 :

"Henri arrive prés d’Orléans et passe la Loire à Gien, les Allemands sont à portée de fusil. Il peut observer une colonne de landser qui s’étire sans fin : « Là j’ai su que c’était fini ! ». Les gars du 41e RAD sont les derniers à franchir le pont car les sapeurs le font sauter juste après.
Cette journée, Henri et ses camarades peuvent voir des avions qui ne sont pas allemands dans le ciel : « On a vu un drapeau tricolore sur leur queue alors on s’est pas inquiété. Et puis on les a vus viré, prendre de la hauteur et commencer à piquer sur nous. C’est quand ils sont passés en nous mitraillant qu’on s’est rendu compte que c’était le drapeau italien qui était peint sur la carlingue !
"

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Dernière édition par Fab le Sam 11 Déc - 22:55, édité 1 fois
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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Invité le Dim 5 Déc - 0:34

Je vais encore mettre de l'eau sur le feu. Mais je lu des livres il y a quelques années qui abordaient le sujet de cette façon:
"le génie français devait faire sauter tous les ponts sur la Loire pour empêcher les allemands d'investir une des dernières ligne de défense qu'était la Loire et certains ponts auraient été dynamiter avec les civils sur le ponts et dans la panique, c'est peut-être cru comme idées mais l'armée Française en avait les ordres. Et enfin dans certain cas de détresse l'aviation française en était chargée aussi..." cat

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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Invité le Mar 7 Déc - 23:21

Qui d’entre nous n’a jamais entendu parler des colonnes de réfugiés mitraillés par des avions italiens en traversant les ponts de la Loire ?

D’éminents chercheurs ont beau avoir tenté d’expliquer que les bombardiers italiens de l’époque (Fiat BR.20) n’avaient pas la capacité de franchir les Alpes et de remonter jusqu’à Montargis ou Orléans avec leur charge offensive, rien n’y a fait. D’ailleurs, des témoins dignes de foi ont formellement reconnu les cocardes vert-blanc-rouge sur les avions, marques de nationalité qui, soit dit en passant, n’étaient plus en vigueur dans la Regia Aeronautica à cette époque... Mais, peu importe. Selon l’homme qui connaît l’homme qui a vu l’ours, il s’agissait d’avions opérant au sein d’une unité secrète basée en Belgique.

Mettons-nous une minute dans la peau d’un civil qui, avec sa famille, fuit l’avance inexorable de la Wehrmacht et franchit un pont de la Loire. Brutalement, des avions surgis de nulle part mitraillent la colonne de réfugiés dont il fait partie. D’abord, visent-ils exclusivement les civils ou les colonnes militaires qui montent au front en sens inverse ? Passons. Ce civil, donc, fait comme tout le monde. Il plonge la tête la première dans le premier fossé venu. Quand on a le nez dans les pissenlits, il est assez difficile de regarder les avions qui vous mitraillent. Il est vraisemblable que le souci d’identifier lesdits avions n’est pas la priorité du moment. Quand tout danger est écarté, notre civil se relève et, à ce moment, un homme crie : “ Salauds d’Italiens ”, ou quelque épithète du même genre, en levant un poing rageur vers le ciel désormais vide. Un cri rapidement repris en chœur par les survivants q ui comptent leurs morts et leurs blessés.

La légende est née. Mais, elle n’est pas née par hasard. Pourquoi, en effet, ne pas avoir accusé les Allemands, alors que tout porte à croire que ce sont eux qui sont responsables de ces attaques ? Une hypothèse peut être avancée.

L’entrée en guerre de l’Italie, le 10 juin 1940, a été ressentie comme un “ coup de poignard dans le dos ”, selon les termes de François Poncet, ambassadeur de France auprès du comte Ciano. Depuis le début du siècle, l’immigration italienne en France avait été suffisamment importante pour que des noms à terminaison en “ o ” ou en “ i ” se soient enracinés sur notre territoire. Leur loyalisme à la République française n’a jamais été remis en cause. Plus que n’importe quels autres Français de souche (mais il faudra que l’on m’explique ce que ce terme signifie), ils se sont sentis trahis par leurs lointains cousins. Comme Nicola Malizia l’a souligné dans son article paru dans le précédent numéro, les plus vindicatifs contre les aviateurs italiens abattus ont été des gens qui parlaient un italien impeccable. Curieux hasard.

Mais, il n’était point nécessaire d’être fils ou petit-fils d’émigré italien pour avoir été révolté par l’attitude de Mussolini. L’Allemand était notre ennemi, l’Italien notre ami. Le 10 juin fut pour beaucoup une véritable trahison. Il ne pouvait y avoir que des traîtres pour mitrailler des convois de réfugiés.

Pour résumer brièvement, tandis qu’aux terrasses des cafés parisiens en juillet 1940, les bons Français de pure souche estimaient que les Allemands étaient “ corrects ”, dans nos campagnes, le salaud de service était l’Italien. Les premiers étaient nos vainqueurs, les seconds des charognards opportunistes.
http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=130

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Toujours les avions italiens

Message par Invité le Dim 12 Déc - 1:28

Pierre MIQUEL dans l'Exode 10 mai-20 juin 140 (Plon 2003) ISBN2-259-19458-3 pages 276 et 277, écrit:
" Un massacre sur les Ponts de la Loire.
... La ville de Gien est la proie des flammes...
Dans la ville en ruines, la foule des réfugiés exerce une poussée constante, irrésistible, en direction du pont, pour tenter de le franchir à toute force et briser les barrages. Les gens sont pressés: le bruit court que le pont est miné, qu'il va sauter. François Omont (1) est entraîné comme les autres. Il voit des gens jeter au passage sur des cadavres des sacs de jute. Leur visage noirci leur fait peur. Un cheval gît à l'entrée du pont, la tête tranchée.
"Les Italiens !"
Le cri fuse, la foule se disperse aussitôt, au signal de détresse. François se jette dans un fossé avec des soldats. Ils prétendent reconnaître des avions à cocarde vert-blanc-rouge alors que les ailes fascistes portent en insigne trois faisceaux de licteurs noirs sur fond blanc. Ces avions ne sont évidemment pas italiens, mais allemands. Un conducteur obligeantenfants qui s'y engouffrent. En quelques minutes, elle est déchiquetée par l'éclatement d'une bombe de stuka.
(1) François Omont, Les Années vert-de-gris, Publibook.com, 2000 p. 39 sq
"

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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Invité le Dim 12 Déc - 2:19

j'élargis un peu le débat:

Quels intérêts pour les allemands de bombarder les ponts sur la Loire alors qu'ils cherchent à établir une tête de pont sur la Loire?

D'ailleurs sur certaines photos le génie allemand installe des ponts flottants sur la Loire en 1940 pour le passage de leurs troupes! cat

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cocardes allemandes maquillées en italiennes ?

Message par Invité le Dim 12 Déc - 6:58

Pierre MIQUEL dans l'Exode 10 mai-20 juin 140 (Plon 2003) ISBN2-259-19458-3 page 359, écrit:
" .... Ces bombardements étaient connus à Nancy. On redoutait le renouvellement de ces raids, que la rumeur attribuait aux avions italiens. Une étude accomplie sur place permet de penser que les Allemands avaient maquillé leurs appareils de cocardes vert-blanc-rouge qui n'étaient pas d'usage dans l'aviation italienne. Ils sont bien à l'origine de ce massacre de civils, parmi tant d'autres. "Les cocardes italiennes, aux dires des témoins, maquillaient les avions mitrailleurs allemands lors de l'attaque sur Vézelise 1.""

1: témoignage des époux Rémy.


C'est la première fois que je lis cette affaire de cocardes maquillées. D'après le contexte du livre, ces faits se seraient produits après le 14 juin.

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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Fab le Mar 14 Déc - 5:57


Oui pareil, jamais lu quoi que ce soit sur des cocardes maquillées ?!
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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Invité le Ven 31 Déc - 5:49

Bonjour,

J'ai fait pas mal de recherches sur la bataille de France car mon grand-père appartenait au 608e régiment de pionniers et j'ai retracé son périple pendant la débâcle.

Concernant la présence d'avions italiens loin de leurs bases, il est tout à fait possible qu'il y en ait eu dans le Loiret. En effet le 608e RP a été bombardé (une trentaine de victime) par des avions italiens le 14 juin 1940 à Nogent-sur-Aube (10). Ce n'est pas dans le Loiret mais la distance par rapport aux bases italiennes est sensiblement la même. Ce bombardement est relevé dans le JMO du 608 et il y est bien fait état d'avions italiens (ce qui m'a d'ailleurs surpris car je ne voyais pas ce que faisait l'aviation italienne dans ce secteur où se trouvaient les avant gardes de blindés allemands à ce moment : le risque de se tromper en bombardant des troupes allemandes est important)

Si cela vous intéresse je peux retrouver le passage du JMO qui en parle et vous mettre un extrait sur ce forum.

CD

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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Fab le Ven 31 Déc - 23:37


Bonjour

Effectivement si vous pouviez mettre l'extrait du journal de marche en ligne, ce serait intéressant d'avoir la version officielle d'une unité sur ces avions.

Merci d'avance Smile
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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Invité le Sam 1 Jan - 2:05

j'ai retrouvé le passage dans les archives du 608.

Contrairement à ce que j'ai dit ce n'est pas dans le JMO que se trouvent les informations intéressantes. Le JMO rédigé le 28 juin 1940 par le capitaine Doyen commandant le 1er bataillon du 608e RP relate juste le bombardement "par une escadrille d'une quinzaine d'avions ennemis" et ensuite les pertes.

Par contre le rapport du capitaine Rousseau adjoint au colonel commandant le 608 RP sur la conduite du régiment du 14 au 17 juin 1940 est beaucoup plus intéressant et fourmille de détails. En voici un extrait :

14 juin
[...]
Le colonel, à son retour du QG, donne l'ordre de continuer le mouvement vers le sud par Vaupoisson, Nogent-sur-Aube, en vue de bivouaquer, la nuit suivante au carrefour des routes Nogent-sur-Aube,Avant-les-Ramerupt
et Nogent-sur-Aube,Mesnil-Lettre, dans les bois au nord d'Avant-les-Ramerupt.

Les premiers éléments arrivent vers 14h30. Les hommes sont exténués. Chaque compagnie se groupe dans les bois, aux abords des roulantes et des voitures de compagnie soigneusement camouflées.

[...]

De nombreuses voitures de réfugiés circulent au carrefour, se dirigeant vers Avant-les-Ramerupt.

A 16h, tandis que certaines de ces voitures se sont arrêtées au milieu de la route près du bivouac du régiment, pour laisser souffler leurs attelages, arrive une escadre de 12 avions italiens qui, opérant pas groupe de trois, en piqué, mitraillent et bombardent atrocement le carrefour près duquel sont arrêtés les réfugiés et le bivouac du régiment.

Le lieutenant Archimbaud prit en main le fusil-mitrailleur placé en DCA et le sert jusqu'à épuisement des cartouches. Les hommes tirent au fusil. Tant que le FM est en action les bombardiers se maintiennent à basse altitude (100m environ), bombardant et mitraillant la route et les bois qui la bordent. Mais ensuite ils descendront à très basse altitude et, passant au ras des arbres, à 40 ou 50m, mitrailleront et bombarderont le bivouac avec une très grande précision, jusqu'à 16h35.

Le bois au SO du carrefour, où se trouvait bivouaqué le 2ème bataillon est littéralement rasé sur un hectare environ de superficie. L'intensité maxima du bombardement s'est appliquée sur les 7e et 8e compagnies dont les roulantes sont hachées. 38 morts dont les lieutenant Baudey et Galopin, de la 8e compagnie, sont dénombrés, ainsi que 55 blessés parmis lesquels l'adjudant-chef Jarret, de la 8e compagnie et l'adjudant-chef Brivet, de la 4e compagnie.

Le spectacle est atroce.


Je pense que le niveau de précision de ce rapport est très important et que s'il se donne la peine d'identifier les avions comme italiens c'est qu'il n'a pas de doute (contrairement au JMO où la précision n'est pas apportée). Il précise même la méthode de l'attaque ce qui tend à prouver que la personne qui a fait la description au capitaine a eu tout le temps de bien observer les avions (30 mn d'attaque)

PS : je n'ai que très peu d'information sur le 608 RP après le 14 juin, car seul existe le JMO du premier bataillon (qui s'est disloqué après le 14 juin car seule une partie du bataillon pouvait être véhiculée laissant en arrière les retardataires, les autres bataillons n'étant pas motorisés) et la section de commandement qui a été faite prisonnière et a détruit les archives du régiment. Je ne sais donc pas ce qui s'est passé pour les 2ème et 3ème bataillon après le 14 juin. Je sais seulement que mon GP (7e Cie, 2e Bn) a été démobilisé le 12 août 1940 à Monistrol-sur-Loire. Si quelqu'un a des informations ou des pistes je suis preneur.

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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Fab le Mar 11 Jan - 21:11

merovide a écrit:Je vais encore mettre de l'eau sur le feu. Mais je lu des livres il y a quelques années qui abordaient le sujet de cette façon:
"le génie français devait faire sauter tous les ponts sur la Loire pour empêcher les allemands d'investir une des dernières ligne de défense qu'était la Loire et certains ponts auraient été dynamiter avec les civils sur le ponts et dans la panique, c'est peut-être cru comme idées mais l'armée Française en avait les ordres. Et enfin dans certain cas de détresse l'aviation française en était chargée aussi..." cat

C'est écrit un peu partout que les équipes du Génie frnaçais ont fait sauter les ponts avec des civils dessus (Orléans, Châteauneuf, Jargeau, Sully, Gien ...) causant de nombreux morts civils. Peut être même l'aviation française aurait pu y participer. Mais c'est le mitraillage des convois civils et militaires qui alimente la polémique depuis 50 ans. Quel intérêt les aviateurs français auraient ils eu à mitrailler leurs compatriotes ?
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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Alexderome le Mar 25 Nov - 10:09

Hitler ne voulait pas d'ingérence italienne dans la campagne de France, il voulait à lui seul venir à bout des Français, Britanniques, Belges, Néerlandais. La campagne des Alpes occidentales a été une affaire franco-italienne, mais pas d'avions italiens dans ce secteur.
J'ai même lu dans un autre forum (ATF 40 je crois) qu'un avion d'observation italien guidait les tirs d'artillerie allemands. Invraisemblable.
Si les aviateurs italiens avaient reçu l'ordre de le faire, et en mesure de la faisabilité, oui, les bombardements auraient été effectués.
Mais à chaque témoignage, les cibles sont des civils, des colonnes de réfugiés, jamais d'objectifs militaires.
Acte vil mais jamais réalisé. Risquer une escadrille par-delà les Alpes rien que pour mitrailler des civils, c'est invraisemblable.
A 16h, tandis que certaines de ces voitures se sont arrêtées au milieu de la route près du bivouac du régiment, pour laisser souffler leurs attelages, arrive une escadre de 12 avions italiens qui, opérant pas groupe de trois, en piqué, mitraillent et bombardent atrocement le carrefour près duquel sont arrêtés les réfugiés et le bivouac du régiment. : pas de chasseurs-bombardiers ni d'avions en piqué chez les Italiens à cette date.
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Re: Avions italiens dans le Loiret en Juin 40, mythe ou réalité ?

Message par Alexderome le Mar 25 Nov - 10:11

Fab a écrit:
merovide a écrit:Je vais encore mettre de l'eau sur le feu. Mais je lu des livres il y a quelques années qui abordaient le sujet de cette façon:
"le génie français devait faire sauter tous les ponts sur la Loire pour empêcher les allemands d'investir une des dernières ligne de défense qu'était la Loire et certains ponts auraient été dynamiter avec les civils sur le ponts et dans la panique, c'est peut-être cru comme idées mais l'armée Française en avait les ordres. Et enfin dans certain cas de détresse l'aviation française en était chargée aussi..." cat

C'est écrit un peu partout que les équipes du Génie frnaçais ont fait sauter les ponts avec des civils dessus (Orléans, Châteauneuf, Jargeau, Sully, Gien ...) causant de nombreux morts civils. Peut être même l'aviation française aurait pu y participer. Mais c'est le mitraillage des convois civils et militaires qui alimente la polémique depuis 50 ans. Quel intérêt les aviateurs français auraient ils eu à mitrailler leurs compatriotes ?
A une certaine altitude, une colonne de civils peut ressembler à une colonne de militaires, pourquoi pas une erreur de mitraillage d'avions français ? Avec cocardes.
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