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L'histoire oubliée des SAS français dans le Loiret

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L'histoire oubliée des SAS français dans le Loiret

Message par Fab le Jeu 23 Sep - 21:03

Article paru dans le Journal de Gien, écrit par Martial Poncet.

L'histoire oubliée des SAS français

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Jean Gérard, à côté de la Jeep « La Vengeuse »
du lieutenant-colonel Bourgoin, pendant la mission Spenser
qui a conduit les paras français des SAS à opérer vers
le Cher et la Nièvre en septembre 1944.


En septembre 1944, les parachutistes français du Special Air Service, installés entre Gien et Bonny, ont combattu au Sud de la Loire à partir de Briare. Ils ont joué un rôle prépondérant dans la libération du centre de la France. Pourtant qui se souvient de ces soldats hors du commun qui ont tout donné à la liberté ?

L'histoire des parachutistes de la France Libre a débuté en Grande-Bretagne en septembre 1940. Sur proposition du capitaine Bergé qui a rallié la France Libre dès le 21 juin 1940, le général de Gaulle donne son accord à la création d'une formation parachutiste. Leur épopée s'est confondue avec celle du Special Air Service, une unité britannique très particulière née en Egypte un an plus tard.

C'est sous ce sigle, SAS dont la devise est « Who dares win « (« Qui Ose Gagne «) que des français ont combattu sur le sol national dès le Débarquement en soutien des armées alliées, en opérant derrière les lignes en Bretagne.

Leur seconde mission, du même ordre, les a conduits à... Gien et à Briare, fin août 1944. Jusqu'à fin octobre, les SAS français vont agir au Sud de la Loire parallèlement au flanc gauche de la 3e armée américaine qui évolue le long de la rive droite, sans la traverser. Au delà du fleuve, dans le Cher, une armée allemande, la colonne Elster, du nom de son général, bat en retraite. Il faut perturber ce repli en appliquant une tactique de harcèlement fondée sur la rapidité d'action et la surprise, en se repliant avant toute réaction ennemie.

Les parachutistes français vont ainsi multiplier les incursions et les exploits dans le Sud de la Loire depuis Briare, poussant jusqu'à Bourges, Vierzon, Issoudun, La Charité, Nevers. Or, il reste peu de traces d'une part de cette unité glorieuse, faite Compagnon de la Libération par le chef de la France libre lui-même le 11 novembre 1944, ni de sa présence à Gien et à Briare.

Naissance et premiers combats

Le 15 septembre 1940 naît la 1ère Compagnie d'Infanterie de l'Air confiée au capitaine Georges Bergé. Après une période d'entraînement en Grande Bretagne, un détachement d'une cinquantaine d'hommes, embarque pour Damas au Moyen-Orient le 21 juillet 1941.

Au même moment, un officier britannique, le capitaine David Stirling, propose la création d'une unité spécialisée dans les coups de mains perpétrés derrière les lignes ennemies par des groupes aux effectifs réduits. Le L Detachment du Special Air Service est constitué et s'installe à Kabrit, en Egypte.

Fin décembre, cette unité est en sous-effectif et les britanniques sollicitent le rattachement des parachutistes français de Damas au SAS. La réponse est positive et le 2 janvier 1942, est constitué le Free French Squadron. De juin 1942 à janvier 1943, cette troupe franco-anglaise se bat en Crète, en Lybie, en Cyrénaïque et en Tunisie, derrière les lignes allemandes où elle multiplie les embuscades et les attaques d'aérodromes.

Fin mars 1943, les parachutistes français retournent en Grande-Bretagne et s'installent au camp de Camberley. Ils servent d'instructeurs au sein du 1er Bataillon d'Infanterie de l'Air, où leur expérience du combat est mise à profit auprès des nombreux volontaires qui rejoignent la France Libre. Nombre d'entre eux choisissent les parachutistes car ils pressentent qu'ils seront parmi les premiers à libérer la France.

Une unité d'élite

Au cours d'un entraînement particulièrement rigoureux, une section, la 2e de la 1ère compagnie commandée par le lieutenant Pierre Marienne, se distingue particulièrement. C'est aussi celle de Jean Gérard, un jurassien, qui s'est établi à Ouzouer-sur-Trézée à la fin de la guerre pour fonder une famille et tenir l'écluse de la Gazonne.

Alors que s'enchaînent les stages commandos, les marches de vingt à trente kilomètres en alternant le pas rapide et le pas de gymnastique, cette section bat le record de vitesse de parcours du « battle course ». Il règne en effet une certaine émulation au sein des troupes et Pierre Marienne estime qu'il faut en tirer parti pour obtenir le meilleur de chaque soldat.

En septembre1943 lors d'un stage de perfectionnement, cette même section s'entraîne à de nouvelles techniques de saut à partir de différents avions pour améliorer le regroupement des parachutistes au sol ; elle teste de nouveaux parachutes, différentes méthodes de pliage des voilures.

Au cours de cette période, un « stick » de vingt hommes issus de la section Marienne va battre le record mondial de vitesse de saut en 7 secondes et 5/10e à partir d'un DC3 Douglas « Dakota » !

A la fin du stage, cette section rejoint le reste du bataillon à Cupar, dans le Fife. A cette époque les SAS britanniques (1er et 2nd SAS), français (3rd et 4th) et belges (Belgian squadron) sont rassemblés dans la même brigade confié au brigadier Mac Leod. Complété avec des renforts d'Afrique du Nord, le 1er bataillon d'Infanterie de l'Air, devenu le 4e bataillon de parachutistes SAS (mais pour les français 2e RCP pour régiment de chasseurs parachutistes), est confié au commandant Pierre Bourgoin, dit « le Manchot « après avoir perdu un bras lors des opérations en Afrique.

Largués sur la Bretagne

L'entraînement se poursuit : apprentissage des techniques de combat des commandos, maniement des armes et des explosifs, techniques de sabotage, études topographiques et sur les armes alliées et ennemies, en attendant le jour « J ».

En mai 1944, l'unité est fin prête et rejoint le camp secret de Fairford. De là doivent décoller les avions qui vont larguer les parachutistes sur la France. La section du lieutenant Marienne fait partie de la première vague et saute sur le Morbihan dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.

Leur mission consiste à établir l'une des deux grandes bases prévues, dénommée Dingson. Après contact avec la résistance, un site est choisi près de Saint-Marcel afin d'accueillir le reste du bataillon. Jusqu'au 17 juin, plus de 200 parachutistes (dont Jean Gérard et le 3e squadron dans la nuit du 9 au 10 juin) vont rejoindre ce point de rassemblement. Ils doivent harceler l'ennemi par des actes de sabotage afin de retarder l'arrivée de renforts vers le front de Normandie. Ce n'est que par la suite qu'elle sera élargie à l'encadrement, l'instruction et l'armement de la Résistance locale.

Toute cette activité ne passe pas inaperçue des allemands d'autant que les parachutages sont massifs et... approximatifs. Or leur dispositif est très imbriqué dans les lignes ennemies et en dépit des consignes d'éviter tout engagement pour privilégier le sabotage, la situation ne tarde pas à empirer.

Ce camp, qui n'a cessé de monter en puissance, est d'ailleurs attaqué par les allemands le 18 juin alors que s'y trouvent 300 paras et 1 500 à 2000 maquisards. Au terme d'une journée de combat, le commandant Bourgoin, bientôt lieutenant-colonel, donne l'ordre de dispersion dans la nuit. Les maquisards sont invités à retourner dans leur village pour attendre les ordres. Les SAS, qui ont eu huit tués (20 chez les maquisards) dans la bataille au cours de laquelle 300 soldats allemands ont péri, sont constitués en petites unités réparties dans des secteurs géographiques définis où ils vont reprendre leur mission de harcèlement et de formation.

Des représailles allemandes extrêmes

La traque allemande, menée notamment par des unités de Géorgiens et d'Ukrainiens à cheval ainsi que par les services de renseignements de l'Abweher dont des français félons chargés de la lutte contre le maquis, est très dure. Les parachutistes pris les armes à la main, comme le lieutenant Marienne, sont fusillés sans autre forme de procès, mais aussi des maquisards et des paysans qui assuraient volontiers l'hébergement et le ravitaillement.

Il en sera ainsi jusqu'au début du mois d'août avec l'entrée des américains en Bretagne. Les SAS délivrent plusieurs villes notamment Vannes où le lieutenant-colonel Bourgoin fait son entrée le 8 août. Les combats changent de nature avec attaques de convois, embuscades dans lesquelles se mêlent paras et maquisards, en éclaireurs des troupes US.

Les SAS qui devaient combattre deux semaines en Bretagne y sont finalement restés deux mois contribuant largement à sa libération.

Les pertes suffisent en elles-mêmes à expliquer l'âpreté de ces premiers combats sur le sol français. 500 hommes du 4e bataillon SAS ont été engagés dans cette mission et cette unité a perdu un tiers de ses effectifs dont 69 morts.
Fin août, au moment de rejoindre Briare, elle ne compte plus que 273 hommes dont une partie de volontaires bretons venus la compléter.

Fin août, le 4th French SAS Battalion se voit confier une nouvelle mission dénommé « Spenser ». Fort de quatre squadrons de combat et d'un squadron de commandement et toujours sous les ordres du « Manchot », il est chargé d'accompagner la retraite des allemands au Sud de la Loire en les harcelant pour leur causer un maximum de pertes sur tous leurs itinéraires de repli.

Des paras français à Briare

Le lieutenant-colonel Bourgoin choisit d'opérer à partir de Briare, où le pont-canal intact constitue le seul passage sur la Loire. L'ouvrage a été préservé par le maquis Bildstein, commandé par le capitaine Demairé. Lorsque les SAS arrivent, la rive droite du fleuve a été libérée et est sous contrôle. La Résistance achève de dégager les communes de la rive Sud jusqu'à la Sauldre avec des chars R 35 et un Somua récupérés au dépôt de Nevoy.

Le capitaine Demairé a reçu l'ordre de protéger le flanc droit de la 3e armée américaine entre Sully-sur-Loire et Châtillon-sur-Loire et d'empêcher toute infiltration ennemie. Le 29 août, il apprend que le responsable de la résistance de... l'Yonne a ordonné de faire sauter le pont-canal sur instruction du commandement américain. Il annule l'ordre considérant le peu de mouvement allemand dans un rayon de 30 kilomètres aux alentours, mais renforce la défense de l'ouvrage. Les faits lui donneront raison et le pont-canal sera préservé pour le plus grand profit des SAS.

Alors que ces derniers opèrent depuis Briare dès le 30 août, il ne semble pas y avoir eu de contacts suivis, et encore moins d'opérations communes, avec la Résistance giennoise, contrairement à ce qui s'est passé dans le Cher. Là des SAS britanniques (opération Haggard) avaient été largués. On les retrouve un moment à Briare, au château de Trousse-Barrière, en attente de recevoir du matériel en particulier des Jeeps. Les paras du 3rd French SAS Battalion (mission Newton) combattront avec leurs camarades britanniques et sont d'ailleurs cités dans le communiqué du colonel Colomb, Arnaud de Vogüé, publié à la libération de Bourges.

Le lieutenant-colonel Bourgoin installe donc son PC à l'Hôtel de la Poste. Ses hommes, environ 300 soldats, investissent d'autres lieux comme l'Hôtel du Cerf ou d'autres communes comme Gien où la section du célèbre sous-lieutenant Loïc Raufast (3e squadron) loge à l'Hôtel Terminus, voire Bonny-sur-Loire (1er squadron).

Mobilité, rapidité... culot

Les paras utilisent des jeeps équipées de deux mitrailleuses jumelées Vickers (utilisées par l'aviation) à l'avant, d'une mitrailleuse Vickers à l'arrière et d'un mortier. Ils se déplacent généralement par peloton de trois jeeps, chacune servie au minimum par trois hommes. Ces véhicules n'offrent aucune protection et la tactique des SAS repose sur la surprise et la vitesse.

Les SAS font des reconnaissances depuis Briare qui les entraînent vers Pouilly-sur-Loire, La Charité-sur-Loire, Cosne-sur-Loire, Sancoins, Dun-sur-Auron, Mareuil, Châteauroux, Vierzon, Bourges, les Aix d'Angillon, Decize... De nombreuses escarmouches les opposent aux allemands de la colonne Elster, toujours armée. Il y a des morts et des prisonniers.
Les faits d'armes se multiplient comme la capture à Saint-Pierre-le-Moûtier de 2 500 soldats allemands par 80 SAS, qui multipliaient les rotations à vive allure de leurs Jeeps pour impressionner leurs adversaires et leur faire croire qu'ils étaient beaucoup plus nombreux. Une fois leurs coups de main accomplis, les pelotons remontent vers Briare pour se ravitailler. Les hommes prennent un peu de repos avant de repartir pour une nouvelle patrouille.

Les opérations s'achèvent à la mi-septembre. Le bataillon est mis au repos et quitte Briare fin octobre. Il est reconstitué avec des résistants des maquis de Chambon-la-Forêt, de Lorris et de la Nièvre.

Le 11 novembre 1944 le 4th French SAS Battalion, officiellement 2e RCP, est fait Compagnon de la Libération par le Général de Gaulle en présence du premier ministre britannique, Winston Churchill, et défile sur le Champs-Elysées derrière son chef emblématique.

Il est rappelé au combat à Noël dans les Ardennes belges et se battra vers Saint-Hubert au sud-ouest de Bastogne. En avril 1945, 700 d'entre eux sont largués en Hollande pour un ultime engagement.

Puis viendra le temps de la reprise en mai. Certains rempileront, d'autres choisiront la démobilisation, avant de connaître la désillusion et... l'oubli.

Car aussi étonnant que cela puisse paraître, dans un pays où l'on célèbre tant le devoir de mémoire, la place consacrée aux SAS français dans l'histoire de cette période est négligeable. Qui se souvient de leur passage à Gien et à Briare ?

Certes, quelques-uns d'entre eux viennent en pèlerinage sur place. Récemment encore des anciens SAS anglais de l'opération Haggar étaient reçus à Briare. Mais ce que ces soldats ont enduré, les sacrifices qu'ils ont consentis jusqu'à la mort souvent dans des conditions atroces pour beaucoup d'entre eux, méritent plus et mieux.

Un homme, David Portier, s'attache à retracer minutieusement leur histoire. Cet article dont on espère qu'il suscitera de nouveaux témoignages, notamment photographiques, sur la présence de ces troupes dans le Giennois doit beaucoup à ses travaux. Qu'il en soit ici remercié.

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Le site qu'il consacre à cette arme et ses recherches pour retrouver des survivants permettra à ceux qui le souhaitent d'approfondir utilement ce sujet : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Une cérémonie pourrait être organisée le 8 mai prochain (2009) à Briare en l'honneur du 4th French SAS Battalion en présence d'anciens de cette unité.


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