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Témoignage La Rep : Jean ROGER : "Les bombes ont manqué leurs objectifs"

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Témoignage La Rep : Jean ROGER : "Les bombes ont manqué leurs objectifs"

Message par Fab le Dim 10 Juil - 22:14

Parisien, Jean Roger a quitté la capitale en 1942 pour poursuivre ses études d’instituteur à l’école normale d’Orléans. En 1944, il fuit Orléans pour se retrouver à Baule, où il assiste aux bombardements de Beaugency et à l’arrivée des Américains.

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Né en 1925 à Paris, Jean Roger arrive dans le Loiret, où il vit la fin de la guerre, la Libération, et où il finit par s’implanter. D’Orléans à Montargis, du nord du Loiret aux Blossières, il mène toute sa carrière d’instituteur dans le département. 

« Deux avions avec deux queues » 

« En 1942, je me suis présenté à Versailles pour devenir instit’. Mais, ils n’en prenaient que 62 et j’ai fini 64e du concours. Alors, on m’a proposé d’aller à Orléans », commence-t-il. Les locaux ayant été réquisitionnés par les Allemands, les élèves de l’école normale d’Orléans n’étudient pas faubourg Bourgogne, mais dans un lycée proche de la cathédrale. 

Au printemps 1944, Jean Roger assiste à son premier bombardement sur Orléans. « Un avion américain s’est séparé des autres. Il était touché. Il est revenu vers Orléans, puis s’est orienté vers la Loire. Il a lâché une bombe, tombée à une centaine de mètres de notre lycée. Le bâtiment touché et démoli était une boutique. Nous sommes allés aider ». 

Un deuxième bombardement survient « après les vacances de Pâques. Il était énorme, sur Orléans et Les Aubrais. On nous a mis dans une cave du lycée. Quand nous sommes remontés, l’un d’entre nous s’est aperçu que la cathédrale avait été touchée, en haut. À 2 ou 3 mètres près, la tour était démolie ! La direction du lycée nous a alors demandé de partir, avec nos affaires. ». Pour le jeune Jean Roger, impossible de rallier Paris par le train. 

« Un copain, André Petit, m’a dit de venir chez lui. Il habitait à Baule. Alors, nous sommes partis à pied, avec nos affaires, fatigantes à porter. » Après un détour par HuisseausurMauves, Jean Roger et son camarade arrivent à Baule où ils vivent des semaines de franche camaraderie tout en continuant à étudier. « L’aîné de la famille était instituteur à Gien et préparait des candidats au concours d’entrée à l’école normale. » 

« Ceux de 14 disaient : “Nous, on allait à pied” » 

Mais la guerre se rappelle à eux. Depuis Baule, Jean Roger assiste aux bombardements de Beaugency. « Les Américains ont d’abord envoyé des bombes pour couper le pont de la Loire et la voie de chemin de fer qui va vers Orléans-Les Aubrais. 

Elles ont manqué leurs objectifs, mais ont touché les maisons du centreville. Que de morts et de blessés, en particulier route de Blois ! Quelques jours après, j’ai vu deux avions survoler la ville. Ils avaient une bien curieuse allure avec leurs deux queues… On nous a dit que c’étaient des Anglais. 

Ils ont fait un premier tour, puis un second, audessus de la ville, comme pour prévenir la population. Puis, le premier a foncé sur le pont de la Loire, a lâché ses bombes : le pont a été coupé sur plus de cent mètres. Le second a viré du côté des rails et a bombardé le viaduc. Je me souviens que les g e n s, surtout les anciens , n’étaient pas très contents. Ils disaient : “Ils auraient pu faire ça avant…” » Jean Roger se souvient d’avoir trouvé le temps long, entre le Débarquement du 6 juin et l’arrivée des Américains, mi-août. 

« Nous ne savions pas ce qui se passait. Tout à coup, ils sont arrivés. Ils étaient dans des Jeep, à quatre ou cinq par voiture. Une quantité de véhicules formaient une file interminable sur la route. La foule les acclamait. Les vieux, ceux qui avaient fait 1418, râlaient : “Nous, on allait à pied. Si nous avions eu toutes ces voitures, ça aurait été bien pour nous !” Les soldats ont demandé si nous avions quelque chose à manger. C’était la saison des fruits. Chacun est parti cueillir ceux de son jardin, ramasser des légumes pour leur en donner ». 

Puis, Jean Roger a rallié Paris dès le mois de septembre, afin de retrouver sa famille qu’il n’avait pas revue depuis des mois. Avant de revenir à Orléans. Et de finir d’étudier à l’école normale, revenue dans ses bâtiments du faubourg Bourgogne.


Source : http://www.larep.fr/france-monde/mag/patrimoine/2014/08/17/les-bombes-ont-manque-leurs-objectifs_11111837.html

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