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Témoignage La Rep : André CHAMBAULT : "C'était comme un second exode"

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Témoignage La Rep : André CHAMBAULT : "C'était comme un second exode"

Message par Fab le Dim 10 Juil - 22:10

Exposées aux bombardements, les populations fuient les cités ligériennes. André Chambault et sa famille trouvent refuge dans une fermette abandonnée, d’où ils assistent aux derniers combats avant la Libération.

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Jean-Luc Marchand Cartophile, collectionneur, passionné d’histoire locale, André Chambault, président d’honneur de la Société historique archéologique du Giennois, reste aujourd’hui l’une des mémoires de Gien. Et garde notamment des souvenirs intacts de la libération du Giennois. 

« Un éclat de bombe dans mes pieds » André Chambault s’était marié avec Lucette Labaille en septembre 1942, l’année de ses vingt ans. « Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, je vivais sous une fausse identité. J’ai encore ma fausse carte d’identité ». De l’été 1944 à Gien, il se souvient des « bombardements de juillet. Le 17, ceux qui ont visé le pont de Gien ont laissé des impacts jusqu’à La Bussière. » 

Il n’était plus possible pour les habitants de rester dans la ville. Tous les baraquements du centre-ville avaient été pulvérisés. « Ce jour-là, le viaduc SNCF a été coupé. Alors, que je travaillais dans un champ sur les hauts de Gien, une bombe a explosé à 200 mètres. Un éclat a atterri dans mes pieds. Alors, nous avons pris la décision de partir. C’était comme un second exode », après celui qu’il avait vécu en juin 1940. 

Les famille et belle-famille ont alors quitté la ville en direction d’OuzouersurTrézée, avec une carriole attelée à un cheval. Passé Ouzouer, elles ont pris la dir e c t i o n d e B r e t e a u . A n d r é Chambault et son beaufrère Lucien Labaille se sont enquis de trouver un refuge. 

Une ferme abandonnée à La Folie, enfouie sous la végétation, apparaissait comme l’endroit idéal pour abriter la famille des mauvais regards. « Nous sommes allés demander au marquis de Cosnac, propriétaire du château du Muguet (où avaient eu lieu les accords de juin 1940 entre De Gaulle et Churchill), de nous offrir l’hospitalité dans sa fermette. Notre demande a trouvé grâce à ses yeux. Nous avons été occupés aux travaux des champs pour pouvoir gagner notre pitance. » Un dur labeur. Les femmes s’occupaient du ravitaillement. En revanche, la table était bonne. 

« Un matin de très bonne heure avec Lucien (volailler de métier), nous sommes allés tuer un veau dans une ferme. Nous en avons mangé durant toute la moisson. » Une grenade à manche dans chaque botte Un matin Jean (son frère) arrive tout essoufflé, en criant « les Allemands sont là. Ils recherchent des maquisards ». Il avait été arrêté la veille et avait passé la nuit au poste de garde allemand. « Mais, ils ne sont pas venus jusqu’à la fermette où nous étions cachés. » 

Les Américains approchent. Mais dans le refuge, pas d’électricité donc pas de radio. Au fil des jours les Allemands remontaient vers l’Est en prenant tout ce qui pouvait rouler, vélos, poussettes, fermiers avec voitures et chevaux. 

« Un jour que nous partions travailler dans le bois, les FFI ont attaqué une colonne allemande à la sortie du village, à une centaine de mètres de n o u s. Les balles ont sifflé autour de nous. Nous nous sommes enfuis dans le bois, mais André est tombé nez à n ez avec un Allemand qui brandissait un revolver dans sa main et portait une grenade à manche dans chaque botte. » 

Une grosse frayeur, mais chacun a passé son chemin. André Chambault conclut : « Le 24 août, nous sommes partis aux nouvelles à Ouzouer. En arrivant, nous avons trouvé les rues pleines de monde. Les Allemands étaient partis. Plusieurs voitures de FFI circulaient dans le village avec des drapeaux bleu, blanc, rouge accrochés aux portières. Le lendemain, enfin libres, nous sommes rentrés à Gien et nous avons retrouvé, avec plaisir, notre appartement de la rue du Pont-Boucherot ! »


Source : http://www.larep.fr/france-monde/mag/patrimoine/2014/08/17/cetait-comme-un-second-exode_11111428.html

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