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PITHIVIERS : L'effroyable histoire de l'immeuble place Duhamel-du-Monceau

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PITHIVIERS : L'effroyable histoire de l'immeuble place Duhamel-du-Monceau

Message par Fab le Lun 9 Mai - 19:43

L’immeuble dans lequel le commerce d’Évelyne et Sébastien Braat vient d’être transféré avait de funestes fonctions au cours de la Guerre 39-45.

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Sur la photo, le bureau de placement n’a pas encore remplacé le chauffagiste. On sait aussi que 1942 n’est pas encore arrivée, car c’est cette année-là que, sur ordre de Vichy, la statue de du-Monceau a été déboulonnée

Le petit immeuble dans lequel le commerce charcutier-traiteur – celui d'Évelyne et Sébastien Braat – vient tout juste d'être transféré a derrière lui une histoire sombre, dont s'est souvenu Bernard Valéry ( à la lecture de notre article du samedi 12 décembre). Par-delà la « chouette rénovation », dit-il, du bâtiment situé au 1, place Duhamel-du-Monceau, celui que l'on pourra sans peine qualifier d'historien local perçoit encore l'ombre du sinistre Monsieur Perron : l'homme du bureau de placement allemand.

Faire tourner les usines…
« J'avais, quoi, 13-14 ans au début des années 1940, c'était il y a une éternité, mais ce qui se passait alors ne peut s'oublier. » Et surtout pas Monsieur Perron – dont le prénom est tombé dans les oubliettes de la mémoire de Bernard Valéry, qui l'a pourtant encore vive. « Je ne pourrai l'affirmer avec certitude, mais je pense que les Allemands avaient dû réquisitionner le magasin qui se trouvait là à l'époque, celui d'un chaudronnier-chauffagiste. »

On est au début de l'Occupation et les belligérants ont besoin d'un local de recrutement, d'un bureau de placement. Les ouvriers allemands ont été envoyés sur le front, mais les usines, d'armement notamment, doivent continuer de tourner. Sûrement même accélérer les cadences. Et c'est là qu'intervient l'inquiétant Perron, la quarantaine, et une jambe en moins. « On l'appelait Jambe de bois, on pense qu'il l'avait perdue lors de la Guerre 14-18. » Mais, là encore, aucune certitude. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que Jambe de bois avait pour mission de recruter des Pithivériens : de « bonnes âmes » partantes pour traverser le Rhin et ainsi participer à faire tourner les usines vidées de leur substance ouvrière. « En 1940, le régime nazi proposait des sommes mirobolantes, se souvient Bernard Valéry, pourtant ce fut un fiasco sur toute la ligne. » Les bureaux de placement de France restent vides. À Pithiviers, un unijambiste se tourne les pouces. « C'est alors que l'occupant imagine une autre solution, quelque chose de bien mieux, raille gentiment l'historien. Il invente la "Relève". La combine est simple : pour trois travailleurs volontaires pour le départ, l'Allemagne libère un prisonnier. » Nouveau fiasco. Et lourdes conséquences.

Échapper au STO
« Car c'est à ce moment, on est fin 1942, que Laval (*) instaure le Service du travail obligatoire (STO). » Les jeunes Français n'ont alors plus le choix de partir ou pas. À Pithiviers, dans les manufactures de l'époque, citons Louis-Robert (pain d'épice), Gringoire (gâteaux-confiseries), la malterie ou la sucrerie, les ouvriers deviennent alors indispensables aux yeux des chefs. Ceux-ci tentant de leur sauver la mise. De leur éviter un aller simple pour le STO. « Comme pour l'armée, on devait passer le conseil de révision avant de partir, une sorte de visite médicale. Étrangement, nombre de jeunes étaient déclarés inaptes, d'autres trouvaient le moyen de se faire embaucher dans les usines du coin, ou prenaient le maquis. Beaucoup, au final, ne quittèrent jamais Pithiviers. »

De quoi ulcérer la jambe de bois au fond de son petit bureau de la place Duhamel. Le collaborateur Perron qui, en plus de fournir de la main-d'oeuvre à l'Allemagne nazie, tente aussi de confondre les Résistants nord-loirétains, précisera Bernard Valéry : « Le jour des funérailles du maire pithivérien de l'époque, Marcel Donon, c'est lui qui a demandé à la Gestapo d'être là afin qu'elle puisse identifier des Résistants venus se recueillir. »

Le procès du collaborateur
Et il n'est pas à exclure ( cela n'a cependant jamais été vérifié, Ndlr) « que ce même Monsieur Perron soit à l'origine de l'affaire des drapeaux ». Affaire épouvantable intervenue le 1er mars 1943, un an après que la statue de Duhamel-du-Monceau – faisant alors face à la boutique funeste de Jambe de bois – a été déboulonnée sur ordre du régime de Vichy pour que son bronze devienne canon. C'était avant l'arrestation de Perron, et les mots à son endroit que devait prononcer le commissaire du gouvernement, le procureur de l'époque : « À son procès, en 45, on a fait comparaître 16 témoins, mais on aurait pu en trouver 200. » Jambe de bois est condamné à mort. Jean Berthier, chauffagiste, reprend la boutique à la Libération. Plus tard, la famille Malard la lui rachètera, avant de la céder en 2014 au couple commerçant Braat. Au nom de la vie qui se prolonge, sans que la ville n'oublie pour autant.

(*) Pierre Laval est fusillé le 15 octobre 1945 à la prison de Fresnes dans le département de la Seine (actuellement Val-de-Marne), après sa condamnation à mort pour trahison, compte tenu de son rôle primordial dans le régime de Vichy.

David Creff

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