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La Libération à Beaune-la-Rolande 18 Aout 1944

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La Libération à Beaune-la-Rolande 18 Aout 1944

Message par Invité le Mer 22 Sep - 16:15

La Libération à Beaune-la-Rolande
Chronologie des événements depuis le 18 août 1944


par Jean Richard




A partir du 18 juillet les actions de sabotages se précipitèrent dans la région de Beaune-la-Rolande. Les lignes de transport de force (lignes à haute tension) furent sabotées au lieu-dit « La Pierre Percée », près du hameau de Romainville.

Le 20 juillet vers 0h30, une très forte explosion se fit entendre en gare de Beaune. Plusieurs wagons furent dynamités et incendiés. Un avion allemand survola alors le village et, à l’aide de fusées éclairantes, tira plusieurs rafales de mitrailleuses sur la gare et ses alentours.

Le 22 juillet, vers 4 heures du matin, l’avion allemand de surveillance volant très bas lança 2 grosses bombes explosives sur Beaune-la-Rolande. Elles tombèrent dans le jardin et les dépendances de la boucherie Séjouné située à l’époque sur la place du Colonel Boisson, appelée également « Patouillât ». On pouvait remarquer un entonnoir de 8 mètres de profondeur et de nombreux bâtiments voisins furent endommagés. Heureusement il n’y eut pas de victime à déplorer.

Le 24 juillet on entendit de nombreuses explosions au cours de la nuit. Il s’agissait de sabotages de lignes électriques.

Les 25 et 26 juillet de nombreux avions alliés passèrent à très basse altitude au-dessus de Beaune-la-Rolande.

Le 27 juillet des pylônes électriques furent abattus à Egry, ce qui priva momentanément le village d’électricité.

Le 30 juillet vers 18 heures huit avions américains bombardèrent la gare de Boiscommun. Les circuits électriques de Beaune-la-Rolande furent coupés dans le quartier de la Gare.

Le 31 juillet, un détachement allemand motorisé de 200 personnes environ cantonna sur le mail des Marronniers (actuel mail Ouest), ce qui laissa les habitants de Beaune-la-Rolande dans l’inquiétude.

Le 1er août une très forte explosion retentit en gare de Beaune-la-Rolande vers 0h10. Vers 4h15 du matin, une automitrailleuse anglaise conduite par des hommes du maquis de Chambon-la-Forêt attaqua le détachement allemand installé
sur les mails depuis la veille. Les allemands affolés ripostèrent par plusieurs coups de feu tirés au hasard.
Cette attaque eut pour résultat 5 blessés allemands dont 3 grièvement qui furent enlevés dans la matinée par une ambulance militaire.
On n’eut à déplorer aucune victime du côté des maquisards et de la population de Beaunela-Rolande si ce n’est une très grande angoisse de peur de représailles. Heureusement il n’en fut rien.
De 13 heures à 15h30 environ, le village de Beaune-la-Rolande fut survolé par de nombreuses escadrilles américaines. 3 bombes tombèrent dans les champs près des hameaux de « Romainville » et « La Pierre Percée ». Enfin d’après midi le détachement allemand arrivé la veille repartit définitivement.

Le 2 août, vers 0h30, des résistants incendièrent le dépôt de paille et de fourrage pressés destiné aux troupes allemandes. Le dépôt brûla pendant 24 heures et fut complètement détruit.

Les 3 et 4 août vit des passages incessants de nombreux avions anglais et américains au-dessus de Beaune-la-Rolande.

Le 5 août, de 9h30 à 9h40, deux avions américains à double fuselage (Lightnig) attaquèrent la gare de Beaune-la-Rolande en venant du sud-ouest. Ils passèrent à très basse altitude au-dessus du hameau de « Orme » et tirèrent à la mitrailleuse lourde et avec des obus de petit calibre. Les douilles tombèrent entre autres dans les cours de fermes avec un fracas épouvantable.
Plusieurs wagons furent touchés et incendiés. Les lignes électriques ralliant Beaune-Pithiviers et Beaune-Auxy furent coupées.

Face à une guérilla des maquis et qui faisait régner une insécurité permanente à leur encontre, début août les allemands décidèrent de passer à l’attaque. Le 6 août une violente confrontation avait eu lieu entre les résistants du maquis de Chambon la-Forêt et les allemands. Ceux-ci n’eurent pas l’avantage, ils perdirent près de 80 hommes et eurent de nombreux blessés dans l’opération. Le lendemain, 700 allemands investissaient Chambon-la-Forêt et arrêtaient tous les hommes qu’ils
trouvaient. Ils les alignèrent le long de l’église sous la menace des mitrailleuses et s’apprêtaient à arrêter les femmes et les enfants pour les enfermer à l’intérieur de l’édifice.

C’est à ce moment qu’un officier anglais, le major Fenwick, accompagné de deux compagnons d’armes furent tués par une mitrailleuse allemande qui surveillait la route alors qu’ils rejoignaient le bourg de Chambon-la-Forêt en jeep. Après avoir
constaté la mort des soldats, les allemands relâchèrent une partie des otages. Sans ce sacrifice, Chambon-la-Forêt aurait pu devenir un autre Oradour dans le canton de Beaune-la-Rolande.

Le 9 août, vers 0h10 du matin, on entendit une très forte explosion en gare de Beaune-la-Rolande. Il s’agissait du sabotage par les résistants d’une locomotive dans le dépôt.
De 7 heures à midi environ, dans l’entrebâillement de leurs volets les Beaunois virent une circulation importante de troupes allemandes en retraite et , principalement un convoi accompagné de motocyclistes. Vers 11 heures, un soldat allemand placé à l’arrière d’un camion tira 2 coups de feu dans la rue du Général Crouzat. Tout le monde resta retranché une partie de la journée dans les maisons d’habitation .

Le 10 août 1944, Louis Richard, du hameau de « Orme », et son fils Pierre arrachaient des pommes de terre dans un champ au lieu-dit le « Climat des Plantes » proche de la gare de Beaune-la-Rolande. Il y avait là aussi le cheval Lajoie attelé à l’arracheuse. Subitement vers 11h30, Pierre vit au loin un groupe de 8 avions se profiler à l’horizon vers l’ouest de Beaune-la-Rolande. Inquiet Pierre prévint son père qui ne voulut rien entendre lorsque soudainement un Spitfire se détacha du groupe (sans doute avait-il aperçu au loin le maillot blanc de Pierre en train de travailler), et, sans tirer, fit un tour au raz du sol au dessus des personnes et du cheval.
Affolé, Lajoie toujours attelé à l’arracheuse se sauva en entraînant le matériel et renversant les sacs de pomme de terre dans sa course. Louis et Pierre n’hésitèrent plus et se sauvèrent aussi vite et aussi loin que possible avec le cheval. Tous eurent la vie sauve.
10 minutes après les avions se mirent en position et attaquèrent la gare de Beaune-la-Rolande en piqué. Les obus et balles incendiaires percutaient sèchement les planches des wagons mais arrosaient également les champs à proximité…




Le 14 août la stupéfaction s’abattait sur les habitants de Beaune-la-Rolande. Ceux-ci venaient d’apprendre que des jeunes Résistants FFI, originaire de la commune, étaient tombés en embuscade en mission au carrefour de « La Femme Morte » dans la forêt d’Orléans (massif d’Ingrannes) alors qu’ils devaient rejoindre le groupe de résistants du capitaine Giry et de l’abbé Thomas. Deux enfants du village Marius Braconne (21 ans) et Roger Barnault (24 ans) y laissèrent leur vie. Leur compagnon Robert Desforges qui faisait partie de l’expédition, s’en tira miraculeusement après avoir reçu de nombreuses blessures.
C’est dans cette atmosphère de crainte que le 18 août vers 6h45 du matin, les habitants virent une formation allemande envahir la ville et bloquer les issues. L’état de siège était aussitôt proclamé, l’occupant installa des postes de surveillance à
chaque entrée de la ville et commença des travaux de fortification de campagne.
Aussitôt une proclamation du commandant de la garnison allemande de Beaune-la-Rolande était affichée en mairie et annoncée dans les rues de la ville par M. Baudichon, le tambour afficheur.


Proclamation du commandant de la garnison allemande de Beaune-la-Rolande

1er Avis
Par ordre des autorités allemandes, les rassemblements sont interdits
Couvre-feu à 21 heures
Le camouflage des lumières doit être strictement observé. Dans le cas contraire, les sentinelles ont ordre de tirer.
Ce soir, de 20 heures à 21 heures, ceux qui veulent évacuer peuvent quitter la ville. Passé ce délai, toute entrée ou sortie est interdite.
Les portes de toutes les maisons et de tous les garages doivent rester ouvertes aussi bien les maisons occupées que celles laissées par les personnes quittant la ville. Les fenêtres doivent être fermées

2ème Avis
Les autorités allemandes informent la population qu’au premier acte de sabotage, des otages seront pris et fusillés immédiatement.

3ème Avis
Les autorités d’occupation informent la population que :
1° - il est interdit de circuler à bicyclette
2° - il est interdit d’entrer dans la ville et d’en sortir
3° - la circulation sur les petits chemins ou sentie rs est formellement interdite
4° - quiconque essayera d’entrer ou de sortir par ces petits chemins ou sentiers sera abattu par les sentinelles.

4ème Avis
Les habitants sont informés que s’ils n’ont pas d’abri, ils pourront en cas de bombardements trouver refuge dans la crypte de l’église qui peut contenir 300 personnes.



Le lundi 21 août, après une nuit sans incident, vers 9h00, la rumeur courait que le commandant de la place retranchée de Beaune-la-Rolande venait de recevoir un ultimatum des américains lui ordonnant de se rendre ou d’évacuer les lieux sans
délai afin d’épargner la ville.
La population prêtait l’oreille à un grondement sourd de la 3ème armée alliée commandée par le général Patton, survolée par des avions de reconnaissance qui défilaient en demi-cercles au sud de la ville et qui progressaient par Boiscommun, Saint Loup, le Pavé-de-Mézières et Juranville.
Vers 10h30, tous les postes de surveillance ennemis abandonnèrent leurs positions, y compris la sentinelle postée dans la tourelle du clocher, et se replièrent vers les mails où étaient dissimulés les camions et les voitures. Puis la colonne allemande s’engagea sur la route d’Egry, qui était pratiquement la seule voie de repli encore libre vers le Nord.
Les chars d’assaut ennemis passèrent dans la rue du général Crouzat, en fin de colonne, derrière les voitures d’Etat-major. A peine sortis de Beaune-la-Rolande, quatre hommes se détachèrent du groupe de revinrent sur leurs pas en manifestant
l‘intention de se rendre aux soldats américains. Ils furent remis aux gendarmes français qui les conduisirent dans des baraques de l’ancien camp.



Vers 11h30, la municipalité de Beaune-la-Rolande faisait pavoiser le clocher pour signaler aux américains, déjà alertés, du départ des troupes allemandes. La colonne américaine détacha aussitôt un groupe de reconnaissance qui fit son entrée
dans la ville vers 12h00 pendant que les cloches sonnaient à toutes volées. La libération de Beaune-la-Rolande venait d’avoir lieu. Tous les habitants de la ville pavoisaient les fenêtres de drapeaux tricolores ho combien cachés !, dans l’attente
de ce grand jour.

Conclusion :

Tant de souvenirs, de tourmente et de sacrifice restent bien ancrés dans le coeur de tous ceux qui, par leur courage leur abnégation et le don de soi, participèrent à la libération du sol de France. Pendant les années d’occupation les communes du
canton de Beaune-la-Rolande ont connu les souffrances, la peur ; mais aussi le courage pour braver l’occupant.

Par ce qu’ils ont vécu dans leur chair et au plus profond de leur être ce récit est dédiée à tous les habitants qui ont connu la joie de la délivrance ainsi qu’aux générations d’après guerre pour qu’elles retiennent avec fierté qu’elles sont le fruit
d’indépendance d’espoir, et de liberté.


https://docs.google.com/viewer?url=http://www.ccbeaunois45.fr/files/Beaune-la-Rolande/Histoire/La-liberation-a-de-Beaune-la-Rolande-par-Jean-Richard.pdf










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Re: La Libération à Beaune-la-Rolande 18 Aout 1944

Message par Invité le Mer 22 Sep - 20:31

Très intéressant ça manquait à ma documentation Wink

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