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La sandillonnaise Andrée GIBAULT témoigne de son arrivée au camp de concentration de RAVENSBRUCK le 21 août 194

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La sandillonnaise Andrée GIBAULT témoigne de son arrivée au camp de concentration de RAVENSBRUCK le 21 août 194

Message par Fab le Lun 25 Jan - 1:49

Extrait  du témoignage d’Andrée Gibault sur l’arrivée au
camp de concentration de Ravensbruck le 21 août 1944 :  


« A Weimar , le train s’arrêta , les wagons dans lesquels se trouvaient les hommes furent déplombés,
ils descendirent et nous continuons sur Ravensbrück , descente à la gare sous les injures, les coups, les «SCHNELL»  comme toujours et en colonne pour le camp . A l’entrée on nous parqua sur une vaste esplanade ; des femmes en habits rayés partaient au travail avec pelles ou pioches sur l’épaule ; "Françaises nous demandaient-t-elles ?" : OUI . "D’où venez-vous ?" : PARIS. Mangez vos provisions, ou jetez les ou piétinez les ; ils vont tout vous prendre. Ce qui fut vrai.

Nous avons attendu longtemps, debout sous le soleil  puis par petits groupes dans une pièce nous avons laissé tout ce que nous avions : valise, couverture, bijoux, photos,… Nous nous sommes déshabillées, entrées dans les douches mais à peine savonnées, plus d’eau ! Moi , Odette  et d’autres (*1) nous  sommes restées toute une nuit dehors , en attendant notre tour, j’ai eu le matricule 57 951.

Au sortir des douches on nous distribua une chemise et une culotte (tachée car cela n’était pas lavé mais désinfecté seulement) et une robe de n’importe quelle taille dont le tissu avait été coupé en croix devant et dans le dos et remplacé par des bandes de tissu de toute autre couleur que la robe (ces vêtements provenaient de prisonnières qui nous avaient précédées- il n’y avait plus de robes rayées quand nous sommes arrivées au camp ).



Vêtues de notre tenue de bagnard, on nous dirigea vers un block et dans une grande chambrée déjà occupée (de 100 personnes nous étions entassés 600 soit 17 pour 5 lits avec 2 couvertures minces pour 3 – 4 personnes, nous nous glissâmes dans des châlits 3 par 3 et les puces ne manquent pas ! Ce fut une dure adaptation à la vie du camp ! L’appel hiver comme été , sous la pluie ou la neige commençait dehors à 4 h du matin , se prolongeait jusqu’à 6 ou 7 suivant que les officierines ou les femmes SS étaient plus ou moins bien lunées. Et bien sûr, on nous comptait, nous devions nous mettre en rangée avec la distance des bras étendus de chaque côté du corps, entre chaque rangée et chacune attendait
le bon vouloir de l’officierine. Il y avait aussi des chiens, bergers allemands qui exécutaient tous les ordres qu’on leur donnait. Et pendant ces interminables appels, les coups de bâtons ne nous étaient pas ménagés. Il arrivait que quelques-unes de nos compagnes s’évanouissaient; défense de les rentrer dans
le bloc, elles restaient par terre sans connaissance…….. »

(*1) Odette Toupense, matricule 57 950  du réseau Libé-Nord, décédée le jour de la libération le 8 mai 1945 à Welboth (en Tchécoslovaquie) dans les bras de ses compagnes. Toutes les autres femmes du mouvement Vengeance et du convoi (I.264 du 15 août 1944) et appelées entre elles « les 57.000 » ont vécu la même arrivée au camp principal avant d’être affectées  à d’autres camps ou kommandos. Ce sont entre autres du Loiret : Irène Besnard, Suzanne Chevallier, Suzanne Léger, Lucienne Mallet, Madeleine Marcherat, Yvonne Montant, Bérangère Toutin, Jeanine Wilkinson,…

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