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Bérangère TOUTIN déportée de SANDILLON vers RAVENSBRUCK

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Bérangère TOUTIN déportée de SANDILLON vers RAVENSBRUCK

Message par Fab le Lun 25 Jan - 1:34

Bérangère Toutin née Chauvette, 34 ans et maman de 3 enfants (René 12 ans, Micheline 9 ans et
Lucette 6 ans), femme du garde-chasse cultivateur de Samatha (Maxime, entré dans la clandestinité
le 3 juillet).


Dès 1943, Bérangère appartient au mouvement des Corps Francs « Vengeance » et partage tous les
risques avec son mari Maxime (« dit Pierre ») : hébergement de maquisards, participation aux parachutages, récupération des containers, cache des containers, ravitaillement, etc.
 
Début juin 1944, la ferme de Samatha est le premier refuge des  maquisards avant le transfert vers les abris du bois des Buffières (où se trouve aujourd’hui la stèle commémorative). Avec la complicité et l’aide de la famille Toutin, elle sert de base à l’organisation et à la réception des parachutages voire de cache.

«Pour les parachutages, le terrain était préparé et une vingtaine d’hommes étaient présents pour les réceptionner. Nous étions équipés de lampes électriques, une à la tête et deux à la main afin de faire des signaux aux avions. Il y avait 3 passages avant le largage. Les containers pouvaient tomber de 50 à 100 mètres du point donné et il y avait 10 à 20 containers pesant parfois 250 kg, ce qui faisait des tonnes d’armes à transporter et à cacher. Mr Toutin, le garde-chasse avait un saisonnier Maxime (Pinard), qui venait avec son cheval nous aider. Les containers étaient répertoriés et cachés dans des endroits précis selon leur contenu . Les habitants entendaient les avions … mais personne n’a rien dit. Il y avait une très bonne entente au sein du maquis», témoigne Pierre Bérault.

Après l’attaque du maquis le 25 juin 1944, la gestapo et la milice font de nombreux allers et retours dans la propriété et notamment à la ferme ; des caches d’armes sont découvertes et déterrées. Le 3 juillet, Maxime (« dit Pierre ») et Marcel Gibault, après avoir été interrogés par la milice qui devait revenir pour vérifier leurs propos jugent plus prudents de quitter Samatha et entrent dans la clandestinité.
 
Bérangère, seule avec ses jeunes enfants continue à gérer la ferme jusqu’à la rafle du 31 juillet où dès 4 heures du matin elle est arrêtée la première, à défaut de son mari en fuite. Ce ramassage collectif se poursuit vers d’autres propriétés : Champ-Houdry, la Porte, Frankville,.. et Sandillon puis Olivet et Orléans. Elle est enchainée avec Léon Bénardot, le garde de la Porte dès son arrestation. Sa fille , Mimi, 9 ans à l’époque se rappelle : « Tôt le matin, la gestapo et la milice sont arrivées accompagnées de Hecquet que nous connaissions car il faisait partie du maquis. Hecquet a dit en désignant et insultant maman « elle sait tout ! Où est ton mari ? Maman est embarquée dans un camion bâché. Ma sœur Lucette dormait et maman m’a dit avant de monter dans le camion bâché « Je te confie ta petite sœur, tu prends bien soin d’elle ! » . Le même camion est revenu plus tard pour arrêter Mme Gibault et j’ai aperçu maman une dernière fois avant son retour des camps…. »  

Internée à la prison allemande d’Orléans, elle est torturée dans les locaux de la gestapo, puis transférée au fort de Romainville. Elle est déportée dans le camp de Ravensbruck le 15 août 1944.

Bérangère devient le matricule 57 929 et partage tous ses malheurs avec ses compagnes d’infortune.
 
Après avoir été internée dans plusieurs camps ou kommandos (Torgau, Apterode, Markkleeberg) elle est libérée le 8 mai 1945 par l’armée Russe à Welboth en Tchécoslovaquie. Pesant un peu plus de 30 kg, elle est soignée et rapatriée par avion sanitaire de l’aéroport de Pilsen jusqu’à Paris où elle est soignée pendant 2 jours au Val de Grâce puis transite par le Lutetia. Le 3 juin, elle arrive à la gare d’Orléans, malade (dysenterie), dans un état pitoyable et sans structure d’accueil médical, où l’attendent son mari Maxime et Jean-Pierre Julien avec son véhicule qui la couvrent immédiatement d’un manteau.

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]

Elle retrouve toute sa famille à la ferme de Samatha dans un état physique déplorable et n’ a  jamais pu  se rétablir après les privations et les mauvais traitements subis en Allemagne. Très marquée par sa déportation, elle n’évoquait ces mauvais souvenirs qu’avec ses camarades déporté(e)s.
 
Bérangère décède le 5 juillet 1979 à l’âge de 69 ans.

Sources : Au temps de l’héroïsme et de la trahison de Paul Guillaume/1948, archives familiales, mémoire de résistants de Michel Sordon/1994, témoignage de Pierre Bérault auprès de la SHA de St Cir en Vaulx – Solène Berruet /2005 , témoignages recueillis par Philip Bérault/2015

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