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Lucienne MALLET déportée de SANDILLON vers RAVENSBRUCK

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Lucienne MALLET déportée de SANDILLON vers RAVENSBRUCK

Message par Fab le Lun 25 Jan - 1:22

Lucienne Mallet née Goyer , 32 ans et maman d’un enfant (Lucette, 9 ans), femme du jardinier de
Champ Houdry (Léopold, prisonnier de guerre) et cuisinière du maquis de Samatha. 


A la ferme de Champ-Houdry, Lucienne, sans son mari Léopold, jardinier de la propriété et toujours prisonnier en Allemagne, vit avec sa sœur Rolande Goyer qui l’aide et sa fille Lucette. Lucienne appartient au mouvement des corps francs « Vengeance » ; elle héberge des maquisards, fait fonction de cuisinière du maquis, s’occupe du ravitaillement, camoufle des parachutes, etc.
« Quoi de plus naturel pour elle, son mari étant prisonnier de guerre, que de combattre à sa façon l’occupant nazi ». Indique Yvette Kohler lors d‘un hommage.  

Après l’attaque du maquis le 25 juin 1944, et les nombreuses arrestations, Lucienne reste cependant à la propriété avec sa famille. Lors de la rafle du 31 juillet, vers 5 heures du matin (après Samatha), elle est arrêtée avec sa sœur Rolande puis le garde de Champ-Houdry, Mr Fleury.

Sa fille, Lucette, 9 ans à l’époque se rappelle : « A 5 heures du matin, je dors dans ma chambre et je suis réveillée par la gestapo et la milice qui me questionnent et me demandent s’il y avait des maquisards dans la grange : Si je répondais OUI ils n’emmenaient pas maman, si je répondais NON ils l’emmenaient ! Hésitante j’ai dit OUI et ils ont giflé fortement maman et l’ont embarquée avec ma tante dans un camion situé à 100 mètres….  A côté du camion, il y avait les cuisinières du château qui m’ont recueillies avant que mon grand-père de Loury ne vienne me récupérer ».
 
Internée à la prison d’Orléans, Lucienne est transférée au fort de Romainville puis est déportée dans le camp de Ravensbruck  le 15 août 1944. Sa sœur Rolande, très malade est rapatriée par la croix rouge de Romainville et échappe à la déportation ainsi que Mr Fleury qui s’évade du camp de Compiègne à la faveur d’un bombardement.

Lucienne devient le matricule 57 879, elle partage tous ses malheurs avec ses compagnes d’infortune qui suivent le même parcours qu’elle dans les camps ou kommandos : Torgau , Apterode, et Markkleeberg à compter de fin février 45. Après l’évacuation générale du camp de Markkleeberg le 13 avril, elle fait partie de la longue colonne de déportées qui se dirigent vers la Tchécoslovaquie, épuisées, avec toujours le manque de nourriture. Le 26 avril, avec un petit groupe, elle abandonne la colonne puis après réflexion la rejoint et reprend la marche dans les montagnes jusqu’au 30 avril. Elle passe une nuit au camp de Leitmeritz et est ensuite transférée par train (wagon de voyageurs) dans le camp de Welboth où elle «retravaille» avant d’être délivrée le mardi 8 mai 1945 à 22 heures par les troupes soviétiques. Avec
ses compagnes, pendant trois semaines, libres, lavées, habillées, soignées et alimentées, elle passe de campement en campement : camps de prisonniers français, camp anglais, croix rouge, …. en attendant le retour qui tarde. Inquiète sur le sort de Léopold, prisonnier du « 17B » elle apprend par un prisonnier le 14 mai, que le 17 B est reparti par avion quatre jours avant et a atterri à Orléans « si c’est vrai mon petit homme va être arrivé avant moi ! » remarque-t-elle dans son carnet de notes caché sur elle. Impatiente de rentrer, elle est enfin rapatriée par avion de l’aéroport de Pilsen jusqu’à Paris.


Photo prise sur l’aile d’un avion allemand à Pilsen le 31 mai 1945 avant le rapatriement
En compagnie notamment de Bérangère Toutin. Lucienne est  au milieu et à côté de Bérangère à genoux  un bandeau avec un nœud sur la tête au milieu de la croix gammée.

 
Le 2 juin, à la gare d’Orléans, l’attendent son mari Léopold, et un voisin des grands parents qui la ramènent avec sa camionnette à Loury où elle retrouve également sa fille Lucette. « Deux petites filles Ghislaine et Dominique viennent agrandir la famille mais à tant d’épreuves la maladie vient ajouter la sienne, seize années durant lesquelles Lucienne lutte contre le mal implacable, souriant toujours en silence avec le même rassurant sourire.» (extrait de l’hommage d’Yvette Kohler). 

Lucienne décède le 13 juillet 1991 à l’âge de 79 ans.


Extrait du petit carnet de Lucienne Mallet sur la journée du 15 avril 1945 lors des marches d’évacuation du camp de Markkleeberg :
« Nous sommes reparties et là nous avons encore marché toute la journée et toute la nuit mais cette fois-ci nous avons eu des dégâts par la mitraille : 2 tuées et 44 blessées parmi les hongroises , nous l’avons échappé belle toutes les trois avec Odette et Andrée car nous étions sous le chariot et il y a plusieurs balles qui l’ont traversés . Nous sommes arrivées le lundi matin dans un bois , nous avions envie de pain et de café , mais en arrivant rien ! Alors le commandant a essayé de nous trouver quelque chose et ma fois, dans une ferme ils nous ont fait cuire à chacune une pomme de terre et nous avons fait une salade de pissenlits. Il parait que nous ne devons plus continuer la route , nous devons attendre la délivrance. Si seulement c’était vrai car c’est crevant de marcher . Enfin nous espérons la fin proche car c’est comme chez nous et là nous avons traversé l’Elbe. Après nous avons marché encore 8 heures et ma foi nous avons campé dans un terrain de sport , nous n’avons pas chaud car le vent souffle encore . Les avions nous ont encore survolés et ont mitraillé pas très loin de nous . »


Carte de l’ADIR avec signature de Geneviève de Gaulle


Sources : Au temps de l’héroïsme et de la trahison de Paul Guillaume, articles de la République du Centre, archives familiales (carnet de Lucienne)
et témoignages (dont hommage d’Yvette Kohler) recueillis par Philip Bérault/2015.

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