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Andrée GIBAULT déportée de SANDILLON vers RAVENSBRUCK

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Andrée GIBAULT déportée de SANDILLON vers RAVENSBRUCK

Message par Fab le Lun 25 Jan - 1:12

Andrée Gibault, née Lamarche, 31 ans, maman de 2 enfants (Liliane 7 ans, Christiane 3 ans), dont le mari Marcel est mandataire en fruits et légumes aux halles de Paris habite provisoirement la propriété familiale de l’oncle de son mari  dénommée Samatha.

 
Andrée entre avec son mari dans le mouvement « Vengeance » en juillet 1943 où elle milite activement : distribution de tracts, liaison avec les différents responsables, participation aux parachutages d’armes destinés aux maquisards,…
 
Après l’attaque du maquis le 25 juin 1944, n’ayant pas de nouvelles des rescapés du maquis et ignorant les évènements qui se sont déroulés, Andrée décide le 27 juin de se rendre chez M. Pagnon à Olivet sous prétexte de lui demander une chaine de bicyclette mentionnée sur sa liste de commissions. Arrêtée , interrogée sans ménagement sur place par la gestapo et la milice qui avaient dressé un guet-apens, elle est  emmenée à la gestapo d’Orléans pour un nouvel interrogatoire.« Vous venez de Samatha ? … Saviez-vous que des terroristes s’y cachaient ? ». Suite à ses explications toujours centrées sur l’achat d’une chaine, elle est  relâchée avec ordre de rentrer immédiatement à Samatha. « Nous vous suivons pour vérifier vos dire ». En fait la gestapo et la milice, très occupées lui laissent un peu de répit et ne viendront qu’un mois plus tard pour l’arrêter ! 
 
Lors de la rafle collective du 31 juillet commencée dès 4 heures du matin à la ferme de Samatha, les voitures et le camion bâché revinrent vers 13 h à Samatha et un maquisard devenu agent de la gestapo, Hecquet, lors de la fouille du château reconnu la robe  que portait Andrée lors du dernier parachutage car il l’avait éclairé violemment avec sa lampe de poche. Elle est arrêtée sans son mari Marcel, en fuite depuis le 3 juillet avec Pierre Toutin.
 
Incarcérée à la prison d’Orléans et ensuite à Fresnes, elle est déportée dans le camp de Ravensbruck le 15 août 1944 .

Sous le matricule 57 951, elle est ensuite internée dans plusieurs camps ou kommandos (Torgau, Apterode, Markkleeberg). Compte tenu de l’avancée des alliés, l’évacuation générale du camp de Markkleeberg est décidée  le 13 avril 1945. Commence alors une longue marche dans un convoi d’environ 1.750 déportées (dont 250 françaises). Profitant du chaos et de la perte de vigilance des gardes, elle quitte la colonne et s’échappe avec un petit groupe et elle est libérée par les troupes soviétiques le 19 avril 1945. Elle regagne le 23 mai la France en transitant par le centre de rapatriement de Thionville dans un état déplorable et le 24 mai, son mari informé la rejoint rapidement à Paris à l’hôtel Lutetia (célèbre palace devenu un centre d’ébergement, de recensement et d’aide) .


Andrée et Marcel GIBAULT près du Lutetia le 24 mai 1945

Elle élève ses trois enfants (naissance de Claude en 1947) et reprend l’entreprise après le décès de son mari en 1965.

Andrée décède le 30 aout 1988 à 75 ans.

Extrait du témoignage d’Andrée Gibault sur le camp de Markkleeberg et l’évacuation en avril 1945  :  
« Le 12 février, un premier convoi de 125 déportées fut envoyé dans le camp de représailles de Markkleberg pour avoir fait des sabotages à Apterode, entassées à nouveau dans des wagons à bestiaux. Nos compagnes à l’arrivée furent tondues à ras et les 125 autres dont je fis partie ne le furent pas. Pourquoi ? une lubie de nos tortionnaires ? Et nous avons dû enlever nos robes et mettre des salopettes bleues d’ouvrier …. Ici notre blocova fut une hollandaise et nous étions répartis dans des petites pièces très humides ; de l’eau coulait sur les parois et je craignais de rentrer poitrinaire - toujours les châlits à l’étage – avec Odette nous choisissions toujours ceux du dessus - discipline très dure; le bagne comme à Ravensbruck en plus petit . Dans le camp, il y avait beaucoup d’hongroises, plus décharnées que nous, arrêtées depuis plus longtemps. J’en ai vu une lécher par terre quelques gouttes de soupe, il faisait très froid, nous étions par équipe de 30, travaillant chaque semaine dehors à un travail différent et gardées par un soldat de Wehrmacht autrichien, l’un petit maigriot était un vrai dingue, distribuant les coups pour un oui et un non et même sans raison et le commandant aussi ne se privait pas de nous frapper
....
Enfin l’écho du canon. Le 13 avril, le commandant ordonne à 5 heures du soir de nous rassembler sur la place 5 par 5 et ce fut l’évacuation. Nous étions 1 500 hongroises ou polonaises et 250 françaises (les malades dans la « fouragère » !). Nous marchâmes toute la nuit et à 6 heures du matin, nous fîmes halte en plein champ après avoir marché une trentaine de kilomètres. Après un court repos, nous partîmes sur les routes 3 jours et 3 nuits sans manger, sauf pommes de terre déterrées, pissenlits cuits, orties et betteraves… »


Sources : Au temps de l’héroïsme et de la trahison de  Paul Guillaume, articles de la République du Centre, archives familiales (cahier d’Andrée) et témoignages recueillis par Philip Bérault /2015
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Fab
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